Newsletter Silex ID – Retour de l’IFA Berlin 2018
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Salut les cro-magnons !

Cette semaine, Philippine vous raconte l’IFA Berlin, la version germanique du fameux CES de Las Vegas !
L’IFA Berlin, ou Internationale Funkausstellung (ou festival international de la radiodiffusion) est une vieille dame berlinoise. Les allemands sont très fiers de leur salon historique, fondé en 1924 pour y exhiber les derniers progrès technologiques comme la radio. De nombreuses innovations y furent fièrement présentées, comme la télévision en couleur ou les cassettes audio. Huawei, Samsung, LG et consorts ont ainsi perduré la tradition en y annonçant leurs derniers progrès en matière d’Intelligence Artificielle (la puce Kirin 980 d’Huawei), de télévision 8K (Samsung), ou de robotique (comme ce robot trop mignon de LG).

L’IFA est une expérience un peu overwhelming : pas moins de 26 halls d’exposition pour quelque 1 800 exposants en 2017. Un chiffre que l’édition de cette année se promet de dépasser, vu son succès. Et si l’IFA a des airs de Foire Fouille pour les visiteurs non avertis, qui devront se repérer dans un dédale de machines à laver dernier cri (smart, évidemment) ou de thermomix dernière génération (connectés bien sûr), le salon berlinois a décidé de miser sur l’innovation et les start-up en y dédiant l’espace « IFA Next » pour la deuxième année consécutive.

L’IFA est un concentré des tendances du moment, des plus WTF aux plus mainstreams ! Ami.e.s en quête de contenu poussé, préférez d’autres évènements berlinois comme la Re : publica ou le Tech Open Air. Heureusement, l’IFA a organisé cette année son « Future Summit » avec quelques talks très inspirantes, sur deux jours. Florilège.

[EMOTIONS] Interactions Humains Machines

L’américaine Poppy Crum m’a beaucoup intriguée avec sa conférence intitulée « The end of the poker face era ». En dressant le constat que les technologies de reconnaissance faciale et l’intelligence artificielle deviennent à même de « lire » nos émotions, voire de décrypter des signaux qui sont imperceptibles pour nos cerveaux humains, elle imagine qu’il nous sera bientôt impossible de garder nos émotions pour nous-mêmes. Ainsi, nos yeux seraient particulièrement parlants pour les machines : la dilatation de nos pupilles peut par exemple indiquer un effort de concentration particulier. Elle en déduit qu’il sera bientôt possible, pour des machines, de détecter à partir d’un faisceau d’indices corporels (sueur, rythme cardiaque etc) le mensonge ou la manipulation lors de leurs interactions avec des humains, ce qui, d’après elle, aura des conséquences massives sur la société dans son ensemble – l’entrée dans « l’ère de l’empathie ». Cela donne matière à réflexion !

[IMMERSION] L’ère du storytelling

Les technologies immersives comme la réalité virtuelle n’étaient pas les mieux représentées lors de cette édition de l’IFA. Mais si elles manquaient de visibilité sur les stands, elles ont été largement évoquées lors des conférences, et la question de « demain, comment interagirons-nous avec nos histoires ? » était au cœur des débats. Deux projets m’ont particulièrement marquée : « Embodied Storytelling », un très joli projet du MIT Media Lab porté par Yedan Qian et le londonien « RIOT » par Karen Palmer, qui se fait également appeler « Storyteller from the future ». Les deux projets ont un point commun, celui de mettre le spectateur traditionnel en position d’acteur en le poussant à interagir afin d’influer sur le cours du récit. Riot, en particulier, détecte les réactions du spectateur face à une interpellation policière agressive : si celui-ci manifeste de la peur ou de la rage, l’issue de ce film en réalité virtuelle s’en trouvera modifiée. Karen Palmer a déclaré vouloir rendre les gens conscients de leurs biais inconscients et milite en faveur d’une « démocratisation de l’IA » qui sorte cette technologie du domaine militaire. Pour finir sur une interpellation du public « I’m urging you to question yourself as to why you are creating technology! »

[CONVERSATION] De l’IA et des robots

C’est désormais un événement banal de croiser le robot Pepper dans les allées de n’importe quel salon tech dans le monde. L’IFA ne faisait pas exception à cette règle, mais le nombre de robots doublés d’un agent conversationnel finalement pas très au point m’a interpellée. Alors que cette édition 2018 est marquée du signe des assistants vocaux, Huawei ayant saisi l’occasion pour lancer le sien, j’ai plutôt eu la joie de monologuer avec un robot féminoïde plutôt creepy. J’en profite pour faire mienne cette remarque d’Alexander Mankowsky : plutôt que de chercher à tout automatiser, nous ferions mieux de nous demander ce que nous voulons garder, c’est-à-dire ne pas automatiser ? Réponse de l’intéressé : le sens de la beauté, l’expérience esthétique. Mon petit doigt me dit qu’il reste un paquet de trucs à ne pas automatiser

Devenus un must des événements tech, les foodtrucks ont répondu présents à l’appel de l’IFA. Pour moi, ce fut pasta-box au pesto – les pâtes à la truffe ayant été dévalisées – et crêpes à la pâte à tartiner choco-noisettes, sous un beau soleil !

Voom Flights

Cela vous arrive-t-il de vous projeter dans un futur proche où les voitures voleraient ? Moi, oui. Je lève la tête dans les embouteillages et je m’imagine surfer au-dessus des voitures à l’arrêt. La filiale d’Airbus Voom Flights est précisément en train de travailler à réaliser ce vieux rêve de l’humanité et conduit notamment des expérimentations à Sao Paulo, ville fameuse par son étendue et ses traffic jams. Pour cela, nul besoin d’inventer des taxis volants mais plutôt, réduire les coûts des vols en hélicoptère de façon à les rendre accessibles pour des trajets du quotidien. Un rêve tentant mais à quel prix pour la planète ?

Capitaine Cyborg

Kevin Warwick est un chercheur britannique déjanté et l’un des premiers cyborgs. S’implanter des trucs dans divers endroits du corps a l’air d’être devenu une addiction au même titre que les tatouages pour certaines personnes : après avoir commencé dans les années 90 avec un puce RFID dans le poignet, il est maintenant relié à sa femme au moyen d’un implant dans le bras qui le rend connecté à internet et, dit-il, capable de communiquer certaines choses par télépathie !

 

Storytelling de Christian Salmon

Après vous avoir tant parlé de storytelling, je ne pouvais pas ne pas mentionner le livre éponyme de Christian Salomon. Pourquoi les histoires ont-elles une telle importance dans notre société « désenchantée » ? Qu’est-ce que le storytelling a à voir avec Donald Trump et le phénomène des « fake news » ? Autant de pistes de réflexion qui figurent dans cet excellent ouvrage.

La durée comme la taille de l’IFA rendent l’expérience du salon particulièrement intense ! Comme la consommation de produits électroniques ou électroménagers ne fait pas partie de mes passions, j’ai pris le parti de me focaliser sur le hall consacré aux dernières innovations et aux conférences. Mais cela ne m’a pas empêchée de m’extasier sur l’enceinte Bang and Olufsen, ronde et inspirée de la livre britannique ou d’être effarée par les couleurs criardes du stand de Télécom (le principal opérateur allemand). Je conseille donc de venir muni.e d’une carte et d’objectifs pour l’édition 2019 !


Coming next!

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AUTHOR

Eline

All stories by: Eline