Un tétraplégique retrouve l’usage de sa main grâce à des électrodes implantés dans son cerveau
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C’est une grande première, grâce à une puce à électrodes implantée dans son cerveau, un patient tétraplégique américain a réussi à partiellement récupérer l’usage de sa main et peut désormais effectuer plusieurs tâches du quotidien. 

La scène se déroule au centre de recherche technologique Batelle, dans l’Ohio (États-Unis). Ian Burkhart, tétraplégique depuis six ans après s’être brisé la nuque lors d’un mauvais plongeon, est en pleine partie de Guitar Hero. Une prouesse relatée dans le magazine américain Nature et rendue possible grâce à la technologie NeuroLife qui permet à cet Américain de 24 ans de retrouver une certaine autonomie et d’accomplir des gestes simples du quotidien comme se servir un verre d’eau, tenir un téléphone à l’oreille ou glisser sa carte bleue dans sa poche.

«C’est la première fois qu’une personne complètement paralysée peut faire un mouvement en utilisant simplement ses propres pensées» Chad Bouton, Vice président de l’institut de recherche technologique Feinstein

Reconnecter le cerveau et les muscles

Grâce à la technologie NeuroLife, les intentions de son cerveau sont transmises aux muscles de Ian Burkhart (C) Washington Post photo by Lee Powell
Grâce à la technologie NeuroLife, les intentions de son cerveau sont transmises aux muscles de Ian Burkhart (C) Washington Post photo by Lee Powell

 

Pour en arriver là, les scientifiques ont d’abord  implanté une puce de la taille d’un petit pois dans le cortex moteur du patient. Cette puce enregistre l’activité neuronale de cette zone qui dirige les mouvements des mains et des bras puis transmet les données au boîtier situé au sommet du crâne de Ian Burkhart. De là, les informations sont transférées vers le logiciel grâce à des cables reliés à l’ordinateur. Pour une plus grande autonomie, les chercheurs sont actuellement en train de plancher sur une version mobile, sans fil.

Ces précieuses données sont ensuite traitées par un algorithme qui les traduit en messages compréhensibles par les muscles de la main. Le bracelet d’électrodes que porte Ian Burkhart fait office de passeur entre ces injonctions venues du cerveau et les muscles qui, stimulés électriquement, retrouvent alors une mobilité. Le mouvement est ainsi rendu possible grâce à la force de la pensée.

Une bonne dose d’espoir

Se verser un verre d'eau ou remuer son café est désormais possible pour ce patient tétraplégique (C) DR
Se verser un verre d’eau ou remuer son café est désormais possible pour ce patient tétraplégique équipé de son bracelet d’électrodes (C) DR

C’est à raison de 3 séances par semaine et à force de répéter les même gestes, inlassablement, que Ian Burkhart permet au code spécifique à chaque action d’évoluer pour obtenir les mouvements les plus fluides et précis possibles.

Un travail de longue haleine commencé il y a maintenant deux ans lorsque les équipes du neurologue Ali Rezai, de l’université d’Ohio, et celle de Chad Bouton et Nicholas Annetta, de l’institut de technologie Battelle Memorial le contactent. Ça en valait la peine.

Dans les prochains mois, un autre essai clinique sera lancé avec 4 nouveaux patients. Ce type d’essai devrait se multiplier pour permettre une commercialisation rapide de cette innovation qui faciliterait la vie de millions de personnes paralysées.

« Je n’aurais jamais cru que ce serait possible. C’est un formidable début vers l’autonomie. Pour moi et pour d’autres » Ian Burkhart

 


Audrey Renault

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