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Bientôt dans vos cuisines, entre la bouilloire, le grille-pain et le mixeur ? L’imprimante 3D. Hé oui, l’impression 3D entend bien révolutionner nos façons de nous faire à manger. Le point sur cette technologie qui va transformer le contenu de nos assiettes !

Ce soir, c’est resto avec vos amis. Le décor est original : des lampes aux chaises en passant par la vaisselle, tout est imprimé en 3D. Assez impressionnant ! Mais vous n’êtes pas au bout de vos surprises : une imprimante 3D est posée sur la table. Pour quoi faire ? « Nos plats sont imprimés en 3D ! » vous explique le serveur, qui vous tend une carte proposant neuf plats. Fiction ? Absolument pas ! Vous avez d’ailleurs peut-être eu la chance d’y aller : il s’agit de Food Ink, un restaurant éphémère qui a fait escale d’abord aux Pays-Bas en avril dernier, puis à Londres en juillet. Pendant trois jours, les clients ont pu tester les différentes recettes de plats imprimés en 3D, préparés sous leurs yeux. Cela reste cher toutefois : pour avoir la chance de tester ce restaurant, il fallait accepter de payer 300 € !

À la croisée de la cuisine et de la technologie

« Any sufficiently advanced technolgy is indistinguishable from magic » (« Toute technologie suffisamment avancée est indiscernable de la magie »), disait le fameux écrivain de SF, Arthur C. Clarke.

Et avec l’impression 3D alimentaire, on commence à être sur la bonne voie ! Pour le moment, que ce soit dans ce restaurant éphémère ou dans d’autres entreprises, comme Foodini, qui se lancent dans l’impression 3D de nourriture, les saveurs n’ont rien d’exceptionnel. On reste en effet sur des aliments assez basiques (farine, eau… le poisson et la viande ne sont pour le moment pas imprimés !), et des plats qui se préparent en superposant plusieurs couches comme, par exemple, la pizza ou les raviolis. Par contre, avec cette technologie, les cuisiniers peuvent faire parler toute leur créativité en jouant avec les tailles et les formes !

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Comment ça marche ?

Au final, le fonctionnement de cette machine reste assez simple : les petits plats, comme pour d’autres objets imprimés en 3D, sont calibrés sur ordinateur, puis les ingrédients sont injectés dans des capsules. Il n’y a plus qu’à démarrer l’impression, et c’est parti ! Il ne vous reste plus qu’à mettre les pieds sous la table. Le temps d’impression peut d’ailleurs être plus ou moins long, en fonction du type de plat souhaité : à peine quelques secondes pour de la purée, dès que ça se complique un peu, on passe à une bonne vingtaine de minutes.

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Edible Growth est un projet de nourriture imprimée en 3D mené par Chloé Rutzerveld.

Arrêtez de cuisiner : imprimez !

Mais alors, allons-nous tous finir par abandonner l’expression « derrière les fourneaux » pour « derrière l’imprimante 3D » ? Pour le moment, cela semble être assez loin de nous encore. Natural Machines, qui est à l’origine de Foodini, témoigne : « Foodini est en production et disponible uniquement pour des clients exclusifs… Nos clients sont quasi exclusivement des professionnels du secteur ». Cependant, ils comptent clairement s’adapter à tous les types de clientèles puisque des imprimantes avec diverses fonctionnalités, à des prix variés pour des usages différents. Si ce type d’imprimante 3D se démocratise, nous pourrions imaginer que demain, nous pourrons peut-être commander nos repas préférés par mail, nos restaurants nous envoyant des fichiers à imprimer directement chez nous. Plus besoin de se déplacer !

On l’adopte ?

Ce qui peut paraître fou et impressionnant dans cette innovation, c’est que l’impression 3D alimentaire touche à quelque chose de très primitif : comme le souligne le professeur Hod Lipson, qui a écrit le livre Fabricated The New World of 3D printing, se faire à manger est une action que nous faisons depuis des siècles et des siècles, et qui n’a, finalement, pas tant évolué que ça. Et aujourd’hui, la technologie vient modifier ça aussi, transformant notre façon de cuisiner. Pour Lynette Kucsma, co-fondatrice de Natural Machines, « Foodini est loin d’être un simple gadget ». L’avantage ? Aujourd’hui, nous ne savons pas ce qu’il y a exactement dans nos assiettes, et souvent, il y a trop de sucres, sels, conservateurs, gras… entre autres. A long terme, on peut également imaginer que cette machine serve à grande échelle pour faire faces aux pénuries par exemple. Mais cela permettrai aussi de réduire nos déchets, le gâchis alimentaire, les émissions de CO2 liées au transport de nos aliments… Ce qui est plutôt une bonne nouvelle !

 

François Doux

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Anais

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