Event Reporter – APIDAYS 2018
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Salut les cro-magnons !

Cette semaine, direction la Cité Universitaire au sud de Paris pour assister à la 5ème édition des APIdays qui avait lieu les 30 et 31 janvier. Si vous n’y connaissez rien aux APIs, ça tombe bien, nous serons ensemble pour comprendre le sujet ! Prêts à en apprendre plus ? Let’s go avec Julie !

Pour commencer, les APIs, késako ? Une API (Application Programming Interface) consiste en un code qui permet à deux logiciels de communiquer et de s’échanger des données. En gros, c’est une interface qui vous permet par exemple d’utiliser les infos de votre profil LinkedIn pour créer un nouveau profil sur une application de networking ou de recrutement. En disant ça, vous imaginez bien que APIdays est un événement de geeks. L’ambiance est super décontractée, à l’image du fondateur des conférences APIdays, Mehdi Medjaoui. Côté contenu, cette édition marque un tournant dans la discussion sur les APIs. Jusqu’à présent, on y parlait principalement des aspects purement techniques. Cette année, une question plus large était posée : « Comment penser le numérique sur le long terme du point de vue technique, économique, social et environnemental ? ». OuiShare, partenaire de l’événement (et accessoirement, nos voisins du Square) a enrichi la conférence sur cet aspect 🙂

Voyons ce qu’on a retenu et compris de cette 5ème édition des APIdays :

[Sustainable software] Construisons des logiciels pérennes

« Let’s stop building softwares that kill hardware » est une phrase qui a été répétée à de nombreuses reprises lors de ces deux jours, la définition même d’obsolescence programmée. Nous arrivons bientôt à un point de non retour pour notre planète et Philippe Bihouix (voir la rubrique culture plus bas) nous a rappelé que 10% de l’électricité mondiale était consommée par les usages numériques et que les métaux rares sont des ressources non renouvelables. Alors, comment diviser par 100 l’impact écologique d’internet ? Comment ralentir l’obsolescence marketing et l’obsolescence systémique ? « Chaque décision que nous prenons affecte notre futur » a déclaré Mike Amundsen de API Academy. Le Web est un exemple de durabilité car il va rester des décennies. De même pour les réseaux sociaux qui ont un impact sur nos vies pour plusieurs années même si les marques disparaissent. Nous devons donc construire des logiciels qui ont une vocation sociale et coopérer avec toutes les parties prenantes.  

[Modularity] La promesse de consommer de façon plus durable

Le concept de modularité fait partie des réponses au problème, et cette tendance va sûrement prendre de l’ampleur. Dans l’industrie automobile par exemple, les grandes tendances sont celles de la connectivité, de la mobility as a service, mais aussi de l’obsolescence programmée et de l’usure très rapide des véhicules qui partent à la casse après 3 à 4 ans de loyaux services. Appliquée à l’industrie automobile, Tin Hang Liu, fondateur et CEO de Open Motors (avant OSVehicule) est convaincu que la modularité permettra de rendre l’industrie plus durable car chaque partie du véhicule autonome, chaque composant, physique et logiciel, sera remplaçable. Pour que ça marche, il faut également créer des APIs ouvertes qui communiquent entre elles même si plusieurs partenaires travaillent sur différentes parties de la voiture. Regardez cette petite vidéo qui illustre bien le concept de modularité et d’adaptabilité.

[People] La technologie n’est pas le problème, c’est ce qu’on en fait

Et nous dans tout ça ? Beaucoup de personnes dans le monde n’ont pas accès à la technologie. Mounir Mahjoubi, Secrétaire d’État chargé du numérique, nous a rappelé que 20% des Français n’ont pas accès aux usages numériques et 50% ne souhaitent pas utiliser les services web car ils ne veulent pas voir disparaître les personnes aux comptoirs d’accueil. Former et accompagner est primordial pour l’État, autant que créer une architecture durable avec des APIs. Si les APIs sont essentielles dans l’intelligence artificielle, il y a dans d’autres parties du globe des hommes et des femmes qui effectuent des micro tâches à faible valeur ajoutée car les ordinateurs ne sont pas capables de les faire, ce qu’on appelle « Fake AI » ou Mecanical Turk (Turc Mécanique). Amazon a crée son turc mécanique en 2005, mais ça marche aujourd’hui pour les crypto-monnaies en Chine. Alors, à quand un index des APIs responsables et durables et une implication des politiques pour éviter que seuls quelques acteurs s’approprient la valeur de nos données ? 

Qui dit record de participation signifie parfois que la logistique ne suit pas toujours (aka impossible d’accéder au stand)… Rien de dingue à vous montrer, dans l’idée, plutôt des petits fours que des burgers… 

Kin Lane
Il n’y a pas que REST dans la vie, il y a aussi une plus large boîte à outils pour créer des APIs (XML, Json, Hypermedia, query layer, webhooks, blablabla…). Sacré personnage ce Kin Lane, avec sa longue barbe et son chapeau (vous le retrouverez facilement sur la photo…). Il n’empêche que cet API Evangelist est un véritable influenceur dans son domaine, à la fois sur des questions techniques et politiques, notamment depuis son rôle de Presidential Innovation Fellow de Barack Obama.
L’Âge des LOW TECH
Speaker lors du deuxième jour, Philippe Bihouix, ingénieur et penseur critique de la technologie, pose la question suivante : « est-ce qu’Internet va détruire notre planète ? ». Consommatrices de ressources rares, difficiles à recycler, complexes, les nouvelles technologies nous conduisent dans une impasse. Son livre de 2014 propose de prendre le contre-pied de la course en avant technologique en se tournant vers les low tech, les « basses technologies ». Il ne s’agit pas de revenir à la bougie, mais de conserver un niveau de confort et de civilisation agréables tout en évitant les chocs des pénuries à venir. 
Talent.io
Parler de « recrutement inversé » explique très bien la mission de la start-up Talent.io. Ici, c’est le candidat qui décide de créer son profil, de filtrer les critères qui lui correspondent, et de recevoir les offres des entreprises. Sur ce marché où l’offre de compétences techniques est bien inférieure à la demande, ce sont les entreprises qui postulent pour séduire les meilleurs (ceux qui, d’ailleurs, n’auraient aucun mal à vous parler d’APIs…). 
Si les premières éditions étaient principalement des échanges et discussions techniques entre experts, j’ai eu l’impression que cette édition marquait une rupture en discutant d’enjeux plus importants : les APIs ne sont pas neutres et ont un fort impact dans de nombreux domaines. Avec les nouvelles réglementations à venir à l’échelle européenne et nationale, les APIs ont sûrement de beaux jours devant elles. Alors, comme dirait Mehdi Medjaoui (ou plutôt ce qui était inscrit sur son pull), « Keep calm and use APIs ».

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AUTHOR

Cédric Lassabe

All stories by: Cédric Lassabe