Newsletter Silex ID – TechChill 2018
Facebooktwittergoogle_plusredditpinterestlinkedinmail

 

Salut les cro-magnons !

Cette semaine, votre reporter Silex ID, Valentin, a mis le cap sur Riga, au carrefour des cultures nordique, russe et occidentale, pour une conférence qui soufflait tout juste sa première bougie : TechChill ! Au programme, une franchise qui fait du bien, une vision alternative à celle de la Silicon Valley et des start-up qui en veulent ! Welcome to the Baltics !

En soi, ce format sur 2 jours avec espaces d’exposition de start-up, conférences et panels dans 3 salles différentes n’a rien de très original. C’est plutôt l’atmosphère qui change : les gens sont accessibles et le contenu des programmes est la plupart du temps « bullshit free ». On s’intéresse aux problèmes posés par le modèle de la Silicon Valley, on remet en cause les discours classiques, bref, skepticism is the new trust !
Dans ce petit pays d’1,9 million d’habitants qu’est la Lettonie on sait faire affaires avec le reste de l’UE comme avec la Russie. L’écosystème de start-up s’est créé « from the bottom up » me rappelle
Andris Berzins, fondateur de Change Ventures, qui investit dans les États baltes, et ça n’est que très récemment que l’État a commencé à jouer son rôle de soutien à cette croissance.

Alors, qu’est-ce qu’ils ont dans le ventre les États baltes ?

[Mindset] What’s so fucking special about start-ups?

On reconnait l’ambition qui caractérise toute start-up, surtout dans un marché aussi minuscule que la Lettonie. Et puis très vite les panélistes s’interrogent sur ce terme de start-up, bien trop utilisé à leur goût … Ils préfèrent le terme de fuck-up pour rappeler l’immense taux d’échecs qui les caractérisent. Celle qui réussira aura droit au titre de up-fuck. Pourquoi pas ? Et c’est justement ce culte de l’échec qui est remis en cause. Avez-vous d’ailleurs remarqué que ceux qui vous en parlent n’évoquent que leurs échecs passés, pas ceux qu’ils vivent au moment où ils vous parlent. Un autre panel exclusivement composé d’entrepreneurs s’est mis au défi de raconter ses échecs présents, et comment ils y font face. Un moment de franchise déconcertant mais passionnant, où l’on découvre comment être seul fondateur est difficile ou comment la vie d’entrepreneur peut mettre en péril sa vie de couple. D’ailleurs, une vie sexuelle bien remplie serait le meilleur remède pour un bon équilibre …

[Vision] Un modèle alternatif à la Silicon Valley

La clef de la réussite des start-up baltes, c’est la difficulté qui les a forgé. Venant de marchés de taille très restreinte, elles ont dû penser global très vite, mais surtout se montrer innovantes tout en maîtrisant leurs coûts. Contrairement à leurs équivalents occidentaux, elles n’ont pas pu lever beaucoup d’argent. Elles se doivent donc d’être efficaces dans la gestion de leur business model. Toutes les start-up que j’ai rencontrées, TestDevLab, MeetFrank, Printful ou encore Taxify sont des entreprises rentables qui ont su utiliser le peu d’argent qu’elles avaient au départ à bon escient, et garder une culture de maîtrise des coûts tout au long de leur folle croissance, là où elles auraient pu succomber à la folie des grandeurs. Là est l’alternative à la culture de la Silicon Valley, qui semble trop valoriser la levée de fonds par rapport à la viabilité long terme.

[Network] La mafia Skype

Vous connaissez forcément le plus grand champion d’Estonie : Skype, dont l’histoire a eu un impact impressionnant sur le pays. Entre 600 et 800 personnes travaillaient pour l’entreprise à Talinn au plus fort de l’entreprise. Depuis son acquisition par Microsoft, beaucoup des employés des débuts ont pu partir avec suffisamment d’argent pour devenir des investisseurs dans la région. On surnomme ces quelques 200 personnes la Mafia Skype. Elles ont créé de nouvelles start-up, investi, et ont surtout fait bénéficier la communauté de leur réseau et expertise. Martin Villig, co-fondateur de Taxify, en fait partie. Taxify, c’est un concurrent de Uber, avec un petit plus non négligeable : l’entreprise est rentable depuis le jour 1, grâce à une stratégie de maîtrise des coûts. Elle compte déjà 5 millions d’utilisateurs dans 23 pays et connaît une croissance mensuelle située entre 18 et 30%, sympa !

Pas de burger à l’horizon pour le déjeuner cette fois-ci ! Je décide de manger local et tente le plat du jour de la cafétéria du lieu. Rien d’extraordinaire mais à 4€ l’assiette gargantuesque on ne se plaint pas ! Au menu, poulet, pommes de terre fondantes et salade de chou, le tout accompagné d’une mystérieuse boisson locale aux allures de sirop grenadine sans en avoir le goût !

25%
C’est la part du marché mondial qu’occupera la mobilité urbaine « on demand » (sur commande : les VTC aujourd’hui, une flotte de voitures autonomes demain) d’ici 2027 par rapport aux voitures privés et transports publics qui occuperont respectivement 30% et 45% du marché à cette date. En 2017, les mêmes chiffres étaient de 2% pour la mobilité « on demand », 48% pour les voitures privées et 50 pour les transports en commun. D’ici 10 ans, ce sont donc bien les voitures privées qui s’inclineront le plus face aux nouveaux acteurs de la mobilité. 
« Nous avons tendance à surestimer l’impact à court terme d’une technologie et à en sous-estimer l’impact à long terme. » – Roy Amara
 Quel est le point commun entre une machine à laver et une imprimante 3D ? Une révolution discrète dans les deux cas, qui a profondément changé les mœurs pour la première et s’apprête à transformer la logistique pour la seconde. Les imprimantes 3D font rarement la une et pourtant on fait mieux, plus vite et moins cher, mais contrairement à beaucoup d’innovations, pas de courbe de Gartner ici, avec ses engouements et ses déceptions. Le changement est pour l’instant subtil, mais il sera réel et bouleversera notre façon de consommer, de produire, d’acheminer. Une révolution plus grande qu’Internet selon certains !
Printful, l’exemple type du champion balte
Pas de levée de fonds record, une excellente maîtrise de la tech comme du commercial  et un fondateur qui parle aussi bien anglais qu’Elon Musk ; voici Printful ! La start-up offre une plateforme en ligne qui vous permet de créer vos propres designs ou d’utiliser des designs existants et les faire imprimer sur les supports de votre choix. Printful s’occupe de tout, de l’exécution à la livraison. Chaque nouveau feature est d’abord testé auprès des clients les plus fidèles via un groupe Facebook. Printful illustre les besoins du marché d’aujourd’hui : la production de masse laisse place au sur-mesure, et les lieux de production se rapprochent du consommateur final. La révolution logistique est en marche !

 

Un vrai bol d’air frais (normal par -10 degrés !) que ces deux jours à TechChill ! Le ton y est franc, le contenu passionnant, et on sent réellement l’ambition de tout un écosystème de proposer une vision alternative à l’obsession que semble avoir la Silicon Valley pour la levée de fonds et le capital-risque. Il faudra donc absolument garder un œil sur ces quelques entreprises qui ont tout pour devenir de futurs champions « made in the Baltics » !

Coming next!

Copyright © Silex ID, All rights reserved.

Tu ne nous aimes plus ? :'(
Tu peux mettre à jour tes préférences ou te désinscrire de cette liste

Facebooktwittergoogle_plusredditpinterestlinkedinmail
AUTHOR

Silex ID

All stories by: Silex ID