Event Reporter – DigitalK 2017
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Si je vous dis que cette semaine, Event Reporter vous emmène au fin fond de l’Europe de l’Est, vous vous demanderez sûrement ce qui nous a pris… En un mot : DigitalK. Bienvenue à Sofia, capitale de la Bulgarie, pour l’un des événements les plus inspirants et enrichissants d’Europe. Au programme : intervenants d’excellent niveau, contenu de qualité, compétition de pitchs et networking optimisé par la boisson… Envoyé spécial pour Silex ID, Valentin nous raconte son périple !

DigitalK n’en est pas à son coup d’essai : fort d’une dizaine d’éditions, cet événement tech méconnu est monté en gamme depuis quelques années. DigitalK n’a en effet pas à rougir de ses intervenants et des contenus proposés et croyez-moi, la salle de conférence en elle-même vaut les 2 heures 40 de vol depuis Paris ! 180 degrés de murs d’écrans, de lumières, de « wow ! »…

CE QU’IL FAUT RETENIR

Quelques grandes tendances ont retenu toute mon attention :

  • Un angle décidément réaliste : Innovation is no dreaming matter
    Je ne sais pas si c’est dû à l’humour noir ou au scepticisme qui caractérisent souvent les sociétés d’Europe de l’Est mais la conférence DigitalK a un ton particulier, bien à elle, une perspective mordante de l’innovation et je peux vous dire que ça fait du bien, comme un bol d’air frais de nouveauté. Tout n’est pas rose dans l’innovation et l’excitation qu’elle provoque nous pousse parfois à oublier l’important : la nécessité de résoudre de vrais problèmes. Lors d’un panel d’investisseurs animé par Mike Butcher de TechCrunch, ce dernier rappelle ainsi l’importance de considérer les problèmes qui auraient besoin d’être résolus lorsqu’on se demande à quoi ressemblera le futur plutôt que de simplement poser la question « so what’s next ? » C’est exactement l’angle adopté par la majorité des interventions au DigitalK.

 

  • Quand l’innovation n’est pas toujours synonyme de gains de productivité
    Alex Hamilton nous invite ainsi à la réflexion sur la notion de productivité qui a fortement reculé depuis la dernière crise financière. Nous ne sommes pas là où nous devrions être sur la courbe d’évolution de la productivité qui était assez constante jusqu’à peu. Alors que la productivité aurait dû augmenter de 20% entre 2009 et 2016, cette dernière a stagné, voire légèrement régressé… Pensez ainsi à l’impact des smart phones, cette innovation révolutionnaire, sur nos performances au travail… Plus problématique, l’inégalité de la diffusion de l’innovation parmi les entreprises ainsi que des compétences digitales au sein d’une même entreprise. Ces inégalités ont un impact de plus en plus pesant sur la productivité.

 

  • Faut-il uberiser la politique?
    Dans un autre domaine, le député britannique Douglas Carswell nous rappelle comment les partis politiques n’ont pas attrapé le train de la digitalisation à l’heure où même dans nos démocraties, nous avons plus de choix dans nos habitudes de consommation que de vrais choix au moment de voter (80% des sièges au Parlement britannique n’ont pas changé de locataires avec les dernières élections). L’électeur a ainsi peu de contrôle sur le processus électoral en réalité alors que l’ère du digital a plus que jamais le potentiel de donner une voix à ceux qui ne pouvaient se faire entendre jusqu’ici. Le politique préconise alors lui-même de se débarrasser du « Middle Man » de la politique, les partis, comme cela a été fait avec l’Uberisation de notre économie. De nombreuses fonctions propres aux partis politiques, comme la levée de fond ou la communication pourraient ainsi être prises en charge autrement à l’heure du digital…

 

  • Comment la voiture autonome va changer – et sauver –  le monde !
    L’une des meilleures interventions de la conférence, celle de Brad Templeton traitait des implications du développement de véhicules autonomes sur notre société. Ainsi, alors que 1,2 millions de personnes meurent sur les routes chaque année dans le monde, que nous perdons 50 milliards d’heures à conduire et dégageons par notre mauvaise conduite des milliards de tonnes de CO2 dans l’atmosphère, la voiture autonome de demain sauvera nos vie (40% des accidents de la route sont liés à l’alcool ou aux drogues, et un robot ne boit pas !), nous fera gagner du temps et polluera moins par une conduite calculée et optimisée. Cette voiture n’est plus un fantasme ; les conducteurs de Tesla ont pu se réveiller avec une nouvelle mise à jour de leur véhicule comportant un mode d’autopilote, des véhicules autonomes circulent déjà à Amsterdam, Paris ou Phoenix et la Google Car a déjà 4 millions de km au compteur. La morphologie des villes sera également bouleversée alors qu’elle a été pensée autour de la voiture depuis deux siècles : plus besoin de parking si votre véhicule ne fait que vous déposer et repart seul ! Libérés de la conduite, nous serons ainsi plus productifs, sans doute moins stressés… vous l’aurez compris, le champ des possibles est large et M.Templeton nous éclaire avec brio sur des implications que nous ne soupçonnions pas jusqu’alors.

J’ai eu l’honneur de participer au dîner des speakers de DigitalK dans l’un des meilleurs restaurants de la capitale bulgare. Au menu, une cuisine locale revisitée en toute humilité à la sauce « modern infusion » avec des émulsions et des combinaisons toutes plus audacieuses (et délicieuses) les unes que les autres :  émulsion mangue et fromage de brebis en entrée, moules et risotto ensuite, cochon de lait aux abricots (photo) avant un agneau à la française revisité en plat principal et en dessert… et bien je ne me souviens plus du dessert. Et comme à Event Reporter nous prônons l’honnêteté intellectuelle je me dois de vous donner la raison de mon oubli : imaginez que chaque plat (il y en a eu 6 en tout) était accompagné d’un cocktail ou d’un verre de vin blanc ou rouge… J’espère que vous me pardonnerez quand même et que j’aurai éveillé votre curiosité ! Une chose est sûre, si en Bulgarie on boit beaucoup, on boit surtout bien, et vous serez sans doute surpris de la grande qualité des vins bulgares, notamment en Cabernet Sauvignon !

TAKE AWAY

229 jours

LE CHIFFRE CLÉ

C’est le temps qu’il faut en moyenne à une entreprise pour s’apercevoir qu’elle a été hackée.

START (ME) UP

Goodeed ou la donation futée!

Ne m’accusez pas de chauvinisme, mais c’est bien une start-up française qui a attiré mon attention à DigitalK. Invité par la French Tech, Vincent Touboul Flachair (ici entouré du staff de la French Tech qui l’a fait venir à Sofia), jeune entrepreneur de 21 ans, a imaginé Goodeed à l’âge de 17 ans ! Le principe est simple et part du constat que le montant des dépenses publicitaires est faramineux. Pourquoi ne pas en récupérer une fraction pour des projets humanitaires se dit-il. Comment ? En créant une plateforme permettant de donner à des projets humanitaires par le simple visionnage d’une publicité. Goodeed reverse ainsi 70% du montant qu’elle touche de la part d’annonceurs aux ONG partenaires à l’origine des projets choisis par les internautes. L’annonceur y trouve son intérêt, tant parce que cela lui permet de redorer son blason que parce qu’il obtient une audience captive et disposée à regarder sa réclame, ce qui est bien plus efficace que les pop ups qui nous agacent lorsque nous surfons le web… Testez et vous verrez, ça fait du bien de donner 20 secondes de son temps sans toucher à son portefeuille pour améliorer le monde dans lequel on vit !

 

LA CITATION WAOUH

« There is no cloud, just other people’s computers »

(« il n’y a pas de cloud, mais les ordinateurs d’autres personnes »)

Les risques liés au hacking était à l’honneur cette année à DigitalK, avec notamment un intervenant de choc : Ralph Echemendia. Ce dernier nous rappelle la facilité avec laquelle un hacker peut s’introduire dans votre vie (il a piraté le téléphone d’un spectateur en direct en réussissant à l’appeler sous le numéro de sa grand-mère). Le coût pour notre société est faramineux : 1000 millards de dollars par an dans le monde. Mais avis à ceux d’entre vous qui chercheraient du travail : près d’1 million de postes sont à pourvoir en cybersécurité, aux Etats-Unis seulement !

Faire le pari d’une conférence méconnue en Bulgarie était audacieux mais s’avère payant, tant j’ai appris de ses intervenants et visiteurs. Le ton est différent et invite à une vraie réflexion sur l’innovation et ses implications pour notre société. DigitalK permet en effet à des gens du monde entier et d’excellent niveau de faire une parenthèse de deux jours pour échanger, s’enthousiasmer, s’alarmer, s’inquiéter. Dans un pays bien différent de ce à quoi nous avons l’habitude, chacun se montre plus ouvert à la discussion, plus accessible. Les speakers ou journalistes stars se mêlent aux visiteurs curieux, start-ups et investisseurs pour créer un cocktail (Europe de l’Est oblige !) des plus riches et créatifs. A consommer sans modération !

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AUTHOR

Eline

All stories by: Eline