Event Reporter – KIKK Festival
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Le KIKK, c’est deux jours de festival dédiés à l’innovation artistique ou l’art innovant, bref, l’art et l’innovation, qui se tient depuis 6 ans dans la ville de Namur en Belgique. Conférenciers, entrepreneurs et visiteurs du monde entier se rassemblent pour partager et découvrir les cultures numériques et créatives. Notre reporter de choc Claire-Emilie était à la dernière édition, voici son report !

Après un réveil matinal jeudi matin, 1h15 de train pour parcourir les 300 et quelques kilomètres qui me séparent de Bruxelles, et à peu près autant pour franchir les derniers 70 kilomètres jusqu’à Namur city, je découvre le festival. Le QG de l’équipe se trouve au sein du théâtre de Namur, bâtiment du XIXe siècle de style néoclassique. Si colonnes, lustres et moulures pourraient paraître anachroniques dans le contexte du KIKK, le lieu accueille avec panache les prestigieux conférenciers invités à l’évènement.

Première conférence du festival (pour moi en tout cas) et sans doute celle que j’ai le moins comprise (mais pour sa défense, je suis arrivée en cours de route), Karina Smigla-Bobinski, artiste intermédia allemande, nous parle de l’art entre atomes et bits. Si le sens global m’échappe, les images sont belles et ma première « rencontre » avec l’intérieur du théâtre me ravit. Tant pis, je me rattraperai sur les autres conférences ! La (très compétente) responsable communication du KIKK Flora m’aide à organiser mon agenda de rencontres, conférences et interviews. Il faut dire que le programme sur le site n’était pas très explicite. Et avec ça, la version mobile du site ne fonctionne pas bien sur mon portable. Heureusement sur place, le programme imprimé est plus clair, l’appli mobile fonctionnelle, l’équipe organisatrice diligente et les bénévoles disponibles.

À deux pas de là, au Palais des Congrès, une deuxième scène accueille les conférenciers francophones (avec traduction instantanée en anglais) tandis qu’aux étages supérieurs des workshops s’organisent en groupes restreints. Arrivée un peu après la bataille (je n’avais pas pensé à m’inscrire en avance), j’ai pu tout de même assister à la fin du workshop organisé par Ori Elisar, un bio-designer israélien à l’origine de “Living Language”. Son projet de bio design interroge l’évolution de l’hébreu à l’aide d’un micro-organisme vivant et doté d’intelligence primitive : le Paenibacillus vortex. Une encre créée à partir de la bactérie permet de visualiser la transformation des lettres entre l’hébreu ancien et sa version moderne. À l’occasion de ce workshop, designers et scientifiques peuvent tester leurs propres idées et faire leurs expériences, découverte des résultats dans 24 heures.

La première journée file à une vitesse folle, après un déjeuner asiatique avalé en vitesse dans le froid (vive les food trucks !), je me laisse enchanter par l’univers poétique du collectif Adrien M / Claire B, un duo d’artistes-chorégraphes qui allient danse et numérique pour “faire exister un monde invisible”. Dans leurs spectacles et installations, l’algorithme qui crée les images projetés sur la scène est un personnage à part entière. À mi-chemin entre arts numériques et arts vivants, le duo fait émerger un langage poétique visuel d’une rare sensibilité.

En attendant la prochaine conférence, je découvre les merveilles d’innovation dénichées pour l’occasion et rassemblées sous un grand chapiteau devant le Palais des Congrès (qui n’est pas sans rappeler l’événement parisien Futur en Seine). Musiciens avertis ou amateurs sont servis, une proportion non négligeable des startups présentes tentent de dépoussiérer le monde du son : instruments d’un nouveau genre pour Tingle, Ovalsound et Dualo (que j’avais vu en démo à TheFamily il y a 1 an et demi), enceintes portative avec Subpac ou personnelle pour Akoustic Art, ou encore Midis, des petites télécommandes qui permettent de transformer le mouvement en son.

Sous le chapiteau, on trouve également un canoë portatif et pliable aux allures d’origami, une imprimante 3D de chocolat, des plantes cyborgs, une compétition de robots, de la peinture virtuelle…

Après la conférence suivante réalisée par la géniale Pauline Van Dongen, designer de fashion tech (qui a réalisé notamment des vêtements dotés de panneaux solaires), je me connecte à mon « inner child » et découvre avec plaisir Little.Kikk, espace dédié aux enfants (petits et grands) qui leur propose de découvrir et manipuler les nouvelles technologies et les nouveaux médias. On y trouve entre autres un jeu de construction évolutif, de la peinture conductrice et un atelier de création de GIF en direct.

Ma journée s’achève avec la conférence de François Pachet, chercheur musicien au sein de Sony CLS Music et spécialiste des questions d’Intelligence Artificielle appliquée à la musique. Sujet passionnant, qui me fait louper la cérémonie de remise de prix des Belfius awards. La dernière conférence de la journée étant annulée pour cause de fièvre de l’orateur, l’équipe du KIKK nous invite tous à attraper une bière (gratuite pour l’occasion) dans le foyer du théâtre, avant de profiter de la soirée et des DJ set.

La deuxième journée commence fort avec une conférence de Fabian Oefner, artiste et ingénieur Suisse également présent dans l’espace d’exposition KIKK.art. A mi-chemin entre démocratisation des sciences et créateur naturaliste, Fabian Oefner place les effets invisibles des sciences naturelles au centre de son processus créatif. Je suis séduite, je tente de le traquer pour lui proposer une interview et j’en profite pour découvrir les installations présentes dans l’espace d’exposition au Grand Manège. La visite sera courte, j’en retiens un jeu magnifique de parapluies dansant et une installation grandiose constituée de petits sacs plastiques blancs recouvrant un mur complet, qui se gonflent et se dégonflent en rythme de manière poétique.

Une dernière conférence avant de reprendre la route, celle de Pablo Garcia sur le sujet ambitieux “Content is the only medium that matters”, qu’il explore notamment à travers son projet « Webcam Venus » entrepris avec Addie Wagenknecht, une réactualisation de peintures iconiques par des sexcamers. L’artiste nous fait réfléchir sur la notion de propriété intellectuelle dans l’art – qui n’est pas sans me faire penser à la conférence de de François Pachet la veille.

Bref, le festival KIKK est une belle réussite, je n’ai qu’un regret : que personne n’ait encore inventé la machine à se dupliquer pour assister à l’intégralité des conférences !

Bravo à toute l’équipe pour ce travail fantastique, et j’espère à l’année prochaine !

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