Event Reporter – Leade.rs Paris 2017
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Avec Leade.rs Paris, pendant évènementiel de sa plateforme de curation de speakers, Loïc Le Meur frappe un grand coup. Après LeWeb, le trublion français de la Silicon Valley (bloggeur influent ainsi que kitesurfeur et paraglider talentueux qui n’hésite pas à exposer ses exploits en ligne) veut ramener l’esprit de la Valley à Paris dans la deuxième édition de cet event qui réunit quelques grands noms du monde de l’innovation. Dan a envoyé Matt & Eline, deux reporters de choc, pour en savoir plus…

Dans le cadre magique de la Maison de la Mutualité, Loïc Le Meur a vu les choses en grand en intégrant tous les codes des events tech : musique, effet visuel sur scène, salle de démo dans les étages, la webapp pour les questions aux speakers … Malgré quelques ratés d’organisation qui font le charme des premières fois et permettent également à Loïc d’intervenir de manière très naturelle (On se sent comme à la maison, enfin comme la maison de Loïc Le Meur), les deux jours ont été de bonnes factures. L’ambiance générale est influencée par les Etats-Unis, le public, très international, vient des quatre coins du monde. On entend alors des « awesome », des « so happy to be here », « incredible » et j’en passe. On interroge sur la « traction » de l’un, les investisseurs de l’autre. D’ailleurs, on parle de la « Valley » comme d’un diminutif affectif que l’on partagerait entre Connoisseurs. Dans les couloirs, certains s’aventurent à dire que la Valley pourrait se faire détrôner par l’Europe, en témoigne le nombre de VC (Venture Capitalist) qui investissent sur le vieux continent alors que pour d’autres la Valley sera toujours la Valley.

CE QU’IL FAUT RETENIR

 Beaucoup de sujets ont été abordés au cours du Leade.rs Paris, mais nous retiendrons de ces deux jours de rencontres, de conférences et de workshops :

  • La VR/AR est un sujet chaud, point d’attention des investisseurs cette année. On le retrouve à la fois dans la grande salle et les étages pour les démos. Sur scène, Dimitry Shapiro nous présente GoMeta, une plateforme pour créer ses propres chasses aux trésors en réalité augmentée. C’est Pokémon Go mis à la portée de tous. On crée ses personnages, ses scènes, des objets et des interactions (des médailles à gagner, des questions auxquelles répondre ou des actions à exécuter). Robert Scoble fait l’inventaire des avancées sur la VR et l’AR avec des exemples de jeux de société où les cartes s’animent quand on les pose sur le plateau, avec du maquillage interactif ou encore des informations complémentaires sur des packaging de produits. Pour lui, la réalité virtuelle peut soigner des addictions à la morphine. Mais le grand défi est la réalité mixée : une couche du monde virtuelle qui s’incruste dans notre monde réel grâce à des caméras 3D intégrées aux masques. Ainsi le challenge pour les leaders des data sera d’avoir sa propre bibliothèque de cartes 3D. Enfin, dans la partie démo nous avons été impressionnés par V-cult, une agence qui propose de créer des expériences 360° ou VR en full web.
  • Le changement c’est (enfin) maintenant ! Le business fait peau neuve avec l’ascension du social business. Fini le post-colonialisme, une nouvelle forme d’entraide entre pays émerge. C’est sur cette thématique que nous avons rencontré la pétillante Dara Dotz, maker et designer à Field Ready qu’elle a co-fondé. Après avoir voyagé et travaillé dans 37 pays, elle est arrivée à une conclusion : les besoins fondamentaux de certaines populations restent sans réponse alors que la technologie dont nous disposons aujourd’hui pourrait parfaitement remplir cette mission, et ce particulièrement dans les pays meurtris suite à une catastrophe naturelle. C’est alors qu’elle a pensé à envoyer des imprimantes 3D sur place, à embaucher et former les locaux pour qu’ils puissent produire ce dont ils avaient besoin eux-mêmes. Elle parle d’avoir une action « hyper locale digitale ». Il faut leur apprendre à créer des choses dont ils ont besoin et leur apprendre à les utiliser. Elle donne l’exemple d’un logiciel de 3D pour créer des adaptateurs de tuyaux aux diamètres différents. Plusieurs productions sont à retrouver sur humanitarianmakers.org. Une autre femme a su sortir son épingle du jeu dans le domaine du social business : Leila Janah. Leila est à l’initiative de l’entreprise sociale Sama source qui organise vos data et n’embauche que des personnes exclues de la société actuelle. Elle est aussi à l’origine de la marque de luxe LXMI avec laquelle elle a réussi le pari de mettre l’industrie du luxe au service du changement social mondial. Elle part du principe que la qualité des produits ne doit en aucun cas être impactée mais s’engage à réduire largement la marge qu’elle considère excessive dans l’industrie du luxe. L’heure est donc au changement dans le traitement que nous réservons aux pays dits « en voie de développement », terminé l’assistanat forcé, la collaboration est en marche, merci à l’innovation!  
  • On nous parle souvent du futur de la santé (nous avions d’ailleurs dédié un numéro, le trois, de notre magazine à ce sujet), de l’influence incroyable qu’elle aura sur nos vies, mais concrètement qu’est-ce que ça va donner ? Le sujet a tout d’abord été abordé par Riccardo Sabatini, un scientifique et entrepreneur à suivre ! Son but ? Personnaliser la médecine à travers le déchiffrage du génome humain en utilisant l’ADN. L’objectif serait donc d’identifier exactement sur quelle cellule ou génome un médicament aura de l’influence et de ce fait de connaître exactement les effets, qu’ils soient positifs ou néfastes, de la prise d’un médicament sur notre corps ! Imaginez un peu le potentiel d’une médecine qui pourrait cibler la « cellule à abattre » sur un patient atteint d’un cancer ! On nous a souvent répété que le futur serait basé sur le Big Data et donc intrinsèquement celui de la santé aussi, mais saviez-vous qu’il existe aujourd’hui des milliers de bases de données non mises en commun ! Voilà ce que déplore le brillant physicien/scientifique et innovateur Daniel Kraft. Il nous a présenté de façon très inspirante sa façon de voir le futur de la médecine grâce aux nouvelles technologies. Les chirurgiens pourront bientôt voir à travers nos corps grâce à la réalité augmentée ce qui permettra à terme de pratiquer des interventions dites lourdes faites par des robots sans la moindre cicatrice ! Ce qu’il faut finalement retenir de la vision du futur de la santé selon Daniel Kraft est que les soins médicaux pourront enfin être accessibles à tous grâce à l’innovation. Alors si vous souhaitez participer, ne vous limitez plus à accepter d’être donneur d’organe, soyez également donneur de données !

À la pause déjeuner, nous avons dégusté des salades bio en discutant avec Ben Costantini de Startup sesame summit qui nous a présenté à de nombreux organisateurs d’events tech dans le monde. Pas mal de reportages en perspective pour WeAreMuseum, Pause, et DigitalK

TAKE AWAY

« Une technologie ne sera ni radicale ni révolutionnaire si elle ne bénéficie pas à tout le monde. »

– DJ Patil –

LA CITATION WAHOU

DJ Patil (qui, contrairement à ce qu’on pourrait penser, n’est pas le pendant Indien de David Guetta) a été Chief Data Scientist de Barack Obama avec pour mission de libérer le pouvoir des data au bénéfice de tous les américains. Patil ne conçoit pas ne pas les mettre au service des « oubliés » de la société, ni d’oublier les questions d’éthique que cela suppose. À travers plusieurs exemples, il nous prouve que la révolution des data peut se faire au bénéfice des autres. En témoigne l’initiative de la « datadriven Justice initiative » qui a permis de fermer de nombreuses prisons aux États-Unis grâce à une optimisation de l’utilisation des données sur les prisonniers, ou encore la White House Precision Medicine Initiative & Cancer Moonshot qui ont permis de regrouper plusieurs bases de données. La technologie devrait évoluer au nom des gens et pour les gens. D’ailleurs, sa prestation n’a reposé sur aucun chiffre ni graphique, seulement de l’humain, pas mal pour un Data Scientist !

À LIRE (OU À RELIRE) !

David Nihill a animé un workshop intitulé “The only public speaking workshop you’ll ever need to take”. Avec un titre aussi vendeur, la salle était bondée et Nihill surexcité, enchaînait blague sur blague. A travers beaucoup de vidéos que l’on peut retrouver sur son site, Nihill expose une grosse dizaine d’astuces pour réussir sa présentation orale : utiliser l’humour, construire des histoires, surjouer des anecdotes… Et pour s’assurer d’une bonne performance sans trou de mémoire, il recommande de visualiser son speech comme un déplacement dans un lieu que l’on connaît bien : l’introduction est dans ma cuisine, la première partie dans ma chambre… Ce « mapping mental » permet de bien tout avoir en tête. Il recommande également d’apprendre le début par cœur et de conclure sa présentation même s’il y a des Q&A (le faire après les questions). Enfin, il nous invite non pas à acheter son bouquin mais de télécharger gratuitement ses conseils en PDF. Les conférences de Silex ID vont devenir encore meilleures, merci David !

L'(E)XPÉRIENCE FUN !

C’est Raphael Goumain de Google qui nous expose l’action du géant américain sur l’art et la culture autour de trois axes :

Premièrement, la préservation : par exemple Google a scanné en images ultra HD le plafond de l’opéra Garnier réalisé par Chagall pour surveiller les actions du temps. Le second axe, la découverte : en utilisant le même dispositif que Google Street View ou en utilisant des drones (dans les châteaux de la Loire), la firme de Mountain View offre la possibilité de visiter virtuellement des lieux culturels. Dans le même esprit, les équipes de Google en partenariat avec les paléontologues du Musée d’Histoire Naturelle de Berlin ont animé virtuellement des dinosaures. La véritable promesse est qu’avec des cardboards, ils ont pu apporter ses images dans les écoles partout dans le monde. Enfin, la création : à travers le Lab de l’institut culturel Google basé à Paris qui travaille notamment sur le Machine learning avec des applications dans l’art (par exemple Style Transfer qui permet de créer dans le style de tel ou tel artiste). Tout cela ouvre des perspectives très excitantes mais n’oublions pas que Google est l’un des GAFA et applique bien souvent le principe de Lavoisier « Rien ne se crée, rien ne se perd, tout se transforme » et que ces performances ou expériences artistiques sont aussi là pour entraîner leur algorithme et leur intelligence artificielle et nous offrir une expérience publicitaire plus efficace.

Au fil de ces deux jours, nous avons alterné entre conférences, workshops, performances artistiques (nous avons particulièrement aimé le spectacle de drones de Marco Tempest) et mojitos. Pour être honnête, cet évènement, de qualité parfois variable sur les interventions (des vendeurs de soupe et quelques belles découvertes) regarde vers la Silicon Valley (ce qui peut être un avantage ET un inconvénient) et favorise réellement le networking. La semaine prochaine, Dan vous racontera son escapade en Irlande, à Ull. Stay tuned !

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eline

All stories by: eline