Event Reporter – Ouishare Fest 2017
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Comment parler d’innovation sans parler d’humain, de partage ? Le Ouishare Fest reste l’évènement qui en parle le mieux. Eline s’est volontiers portée volontaire pour y participer ! C’est ainsi qu’elle a embarqué pour un grand périple (jusqu’à Pantin !) à la rencontre de visionnaires du monde entier pour 3 jours d’inspirations, de contenus sur l’économie collaborative et sur la façon dont nous pouvons la mettre à notre service pour faire face aux grands défis d’aujourd’hui. Aller, on vous emmène au Ouishare Fest !

L’édition 2017 du Ouishare Fest s’est déroulée à La Cantine sur les docks de Pantin sous 35 degrés, le top ! Comment vous racontez l’atmosphère générale… Le terme « Fest » utilisé dans l’intitulé est ce qui, selon moi, le résume le mieux. On arrive dans un endroit ouvert avec des tentes disposées de chaque côté de l’allée prêtes à accueillir tous les férus d’innovation collaborative, tout le monde discute avec tout le monde (en anglais, seule langue où on est sûr de pouvoir communiquer qu’importe la nationalité de la personne abordée). L’évènement est organisé par Ouishare qui peut se vanter de rassembler des milliers de personnes à travers le monde et permet aux citoyens, aux institutions publiques et aux entreprises de créer une société dans laquelle chaque personne aurait accès aux ressources et aux opportunités dont elle a besoin pour prospérer. Il s’avère que ce sont aussi nos voisins du Square, notre bureau à Paris !

CE QU’IL FAUT RETENIR

Voici les conférences qui m’ont particulièrement plu :

  • Abattre la bureaucratie : changer les comportements dans les administrations publiques
    Quand est-ce que vous avez entendu parler de l’innovation publique pour la dernière fois ? C’est pour nous éclairer sur cette question que j’ai assisté à un panel composé de Sylvine Bois-Choussy, en charge de la coopération internationale à La 27e Région et Christine Feuk, chef de projets à l’association suisse des autorités locales et des régions (SALAR). Christine nous rappelle que dans l’innovation il y a deux choses : le process et les résultats. Sylvie nous remet dans le contexte français et pointe du doigt le fait par exemple que beaucoup de personnes qui devraient bénéficier du RSA n’en bénéficient pas soit parce qu’ils ne sont pas au courant soit parce que la procédure est trop compliquée. « On ne peut pas aider les citoyens si on ne travaille pas déjà sur l’engrenage des administrations publiques » nous explique-t-elle. Notre but en France serait l’innovation sociale. C’est ainsi que des groupes de travail sont mis en place dans certaines administrations pour initier de nouvelles méthodes de travail. Mais les obstacles présents dans la fonction publique sont très forts, tout repose sur le contrôle, la mesure, le délivrable, le respect du budget. En effet, les autorités locales n’ont que très peu de marge de manœuvre dans la répartition du budget. Les citoyens ne sont pas impliqués dans le processus et ne retrouvent pas ce pourquoi ils paient. Voici les contours d’un bien joli défi. Est-ce que la nouvelle administration française saura le relever ?
  • L’API est partout
    J’ai participé à une masterclass, un des formats que propose le festival. J’ai donc, en l’espace de 4 heures tout appris sur les APIs (Application Programming Interface). J’ai enfin tout compris ! Première leçon : les APIs sont partout, sur les réseaux sociaux, sur les sites de réservation d’hôtels, dans les grandes surfaces, sur les sites qui te permettent de tracer ton colis, sur nos smartphones, ordinateurs, tablettes et j’en passe ! Les APIs sont utilisées pour échanger des données et déclencher une action. Nous utilisons indirectement des API tous les jours, nous utilisons des applications reposant sur des APIs pour communiquer. Arnaud Lauret, actuellement architecte IT chez AXA, nous donne un bel exemple de ce qu’est véritablement une API. Au restaurant, le process est simple, on commande à manger et à boire auprès d’un serveur et ce dernier revient un peu plus tard avec notre commande. Que s’est-il passé pendant ce temps-là ? Voilà le but d’une API, cacher le process se cachant derrière chaque action au client. Elle te permet de faire des choses que tu ne sais pas faire. Les APIs reposent sur la même technologie qu’internet mais n’utilisent pas le même langage, elles communiquent via des data. La masterclass a ensuite continué avec Mehdi Medjaoui, directeur exécutif à OAUTH.IO et APIDAYS Conferences qui nous a parlé de l’utilisation des APIs dans l’économie. Il existe environ 20 000 APIs publiques contre 1 000 000 d’APIs privées. C’est déconcertant quand on sait à quel point les processus du secteur public sont simples (ceci est ironique). Le secteur privé a bien compris que les APIs leur permettrait de faire ce qu’ils font de mieux, gagner du temps pour plus d’argent. Selon Medhi, les APIs vont permettre une meilleure division du travail. On aura des entreprises plus petites avec des équipes plus petites ayant une fonction bien précise dans chaque processus de vente de biens ou de services. Car oui, les APIs ont une limite, elles ne font que ce pourquoi elles ont été programmées et ne peuvent donc pas être utilisées pour d’autres tâches que sa tâche initiale. C’est donc ça l’avenir du travail ? Des start-ups à perte de vue remplaçant tout autre acteur économique ?
  • Comment certaines ONG travaillent avec les gouvernements et grandes entreprises pour changer les choses
    Voici la mission que s’est donnée Forum For The Future ce que j’ai appris durant ma seconde masterclass que deux charmantes jeunes femmes Corina Angheloiu et Laura Winn toutes deux travaillant pour Forum For The Future ont animé. « Le système change, évolue alors pourquoi vouloir abattre ce système ? » nous demandent-elles. Voici comment a débuté notre session dont le but a été de réfléchir à ce qu’il faudrait pour faire évoluer le système actuel. Pour nous guider dans notre réflexion nous avons été divisés en plusieurs groupes. Nous avons donc été les cobayes des outils que cette organisation utilise pour apprendre aux gens à appréhender le système différemment. Le premier exercice constituait à répondre rapidement à 3 questions supposées simples une fois appliquée au système tel qu’il est et l’autre fois appliquée au système tel que nous voudrions qu’il soit, « Qu’est-ce qui a besoin d’être fait ? » qui est le quoi, « par quels moyens » qui est le comment, « Dans quel but ? » qui est le pourquoi. 3 questions qui semblent très simples mais qui aident véritablement à aller au fond de la question. Le second exercice consiste à prendre en compte 3 horizons, le premier étant ce qu’il se passe aujourd’hui, le troisième étant le futur et le second représentant la période de transition. Qu’est-ce que ça donnerait si on pouvait passer directement de l’horizon 1 à son apogée à l’horizon 3 sans atteindre les limites de l’horizon 1 ? C’est là qu’intervient l’innovation, pour éviter l’obsolescence avant qu’elle n’intervienne. Ça peut paraître anodin, mais si vous voulez entrer dans une réflexion qui pourrait apporter certaines réponses, ces exercices sont parfaits à faire en groupe, au travail, sur des projets, sur la société en général.

Focus Déj

Parlons un peu de mes pauses déj. Pour pas faillir à notre réputation, j’ai commandé un burger de chez le camion du vexin (contre mon gré s’entend). Excellent burger mangé avec de parfaits inconnus rencontrés dans la foule d’internationaux présents à l’évènement. C’est ça aussi le Ouishare Fest, rencontrer des gens de partout, venus ici le plus souvent pour trouver des réponses sur la façon régler leurs problèmes au travail en incluant la dimension collaborative.

TAKE AWAY

WHO’S THAT GUY ?

Rencontré par hasard durant un panel sur la « Sharing City, a bizarre love triangle ? », je me suis rapidement rendue compte qu’il était celui dont je voulais vous parler. Voici Wim Dries, maire de Genk, une petite ville de Belgique depuis 2009. Ce dernier a fait mouche durant la conférence avec ses mots engagés. Il milite pour sa ville en utilisant l’économie collaborative. De nombreux emplois ont été supprimés à Genk ces dernières années, Wim a donc décidé d’agir. De nombreux projets ont été mis en place sous sa garde, toujours au service des citoyens de la ville. Comment on nous l’a souvent répété durant l’évènement, il peut suffire d’une personne avec du courage pour faire bouger les choses, enfin selon moi, c’est toujours mieux ensemble.

INSPIRATION

On a tous entendu parler de Détroit, cette « jolie » ville américaine cruellement meurtrie par cette fameuse bulle immobilière il n’y a pas si longtemps que ça. Et bien malgré l’exode d’une grande partie de sa population et la quasi-totalité de son activité économique, Détroit et les résistants qui y sont restés essaient ensemble de redresser la situation. C’est ainsi qu’a été créée l’organisation Detroit black food security. Une organisation qui a pour but de rendre sa souveraineté aux citoyens notamment pour ce qui est du besoin primaire de tout être humain, se nourrir.

 A LIRE (OU A RELIRE)

Alors je vais être honnête avec vous, quand j’ai aperçu ce type dans la file d’attente en train de lire Écosystème de Rachel Vanier, j’ai tout de suite su que j’allais en parler. D’abord parce que Rachel a déjà écrit plusieurs fois dans Silex ID mais aussi parce que Matthieu, notre CEO, était déjà fan de son premier bouquin Hôtel International.
Dans son second ouvrage, Rachel raconte les aventures d’une start-up qui oscille entre « up and down » avec pas mal de down. Un rebond conduit les protagonistes à San Francisco, capital mondiale des start-ups. Mais les deux personnages, une jeune CEO un peu revancharde et un geek tendance nerd (qui ressemble à notre CTO) vont vivre un voyage initiatique quelque peu différent. L’intérêt du livre, au-delà de cette brillante chronique de notre génération, réside surtout l’analyse que l’auteure propose de cet « écosystème ». Quand on fait tomber le masque, rien n’est aussi facile qu’il n’y parait. San Francisco apparaît comme une ville faite pour les développeurs où manquent des plaisirs élémentaires de notre héroïne. Les start-ups n’ont pas toutes pour projet de devenir des licornes. L’aventure entrepreneuriale est riche, trop riche parfois et ce roman nous apprend à faire le tri. Finalement comme le disaient Arnold et Willy, « Il faut de tout pour faire un monde « .

 

Alors voilà, nous avons passé trois jours au Ouishare Fest, nous y avons rencontré de belles personnes, des speakers très inspirants et de belles idées qui redonnent espoir dans l’humanité.  Nous étions très heureux de passer du temps avec nos copains de Ouishare et on les remercie pour cette superbe organisation. Petit bémol en revanche : trop de keynotes se déroulant au même moment, ce fut difficile de faire un choix quand elles semblent toutes répondre aux valeurs qu’on défend. Qu’à cela ne tienne, nous reviendrons avec grand plaisir l’année prochaine !

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AUTHOR

eline

All stories by: eline