Event Reporter – ULL Conference 2017
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L’Irlande est connue pour ses moutons, ses bières Guinness aussi épaisses que du lait maternel et son temps incertain (quoi que, en fait vous êtes toujours sûrs d’avoir de la pluie), mais pas forcément pour la ULL Conference. Et pourtant, si vous aimez le design, la tech et la prospective, vous devriez faire un tour au fin fond de la « Green Country » pour découvrir ces 2 jours de talks, discussions, rencontres et expériences autour de la thématique du futur. Dan nous raconte son trip à Killarney !

Après une heure de RER, deux heures d’avion, une heure de marche et deux heures de train à travers la campagne Irlandaise, puis à nouveau une demi-heure de marche, j’arrive enfin à Killarney (petite ville de 12 000 habitants au beau milieu du comté de Kerry), exquise bourgade connue pour son magnifique parc national ainsi que le fameux Ring of Kerry, circuit touristique qui longe la côte Atlantique et fait le tour de la péninsule d’Iveragh (en gros, vous avez l’impression d’être dans un épisode de Game of Thrones). C’est donc dans ce cadre absolument sublime que je me retrouve à pédaler (et oui, en vélo – le taxi c’est cher et pas très écolo) pour me rendre à l’hôtel The Europe dans lequel se déroule pendant deux jours la conférence ULL. Dans la mythologie nordique, ULL est le Dieu de la chasse et de l’hiver, rien à voir avec l’ambiance chaleureuse et intimiste d’un event axé sur l’esthétique, le beau, « un peu comme les produits Apple », pour citer l’une de mes rencontres sur place, un designer travaillant à Dublin. Si l’on aurait vite fait de cataloguer les visiteurs (pas plus d’une centaine) de ce « séminaire » comme des bobos en tongs avec une Apple-Watch au poignet qui veulent « un monde de demain plus beau, plus design », force est de dire que j’ai vécu une expérience humaine unique et inédite, avec de nombreuses surprises. Comme dirait Paul Campbell, l’organisateur de l’event : « la plupart du temps, quand vous allez voir des confs, vous apprenez les meilleures histoires le soir dans les bars. Là, l’idée c’est d’amener le bar à la conférence ! ». Suivez le guide…

CE QU’IL FAUT RETENIR

Parmi les conférences et animations auxquelles j’ai participé à ULL, je mettrai particulièrement l’accent sur :

  • L’excellent talk d’intro de Horace Dediu, analyste tech reconnu dans le monde entier pour ses articles sur son blog Asymco et particulièrement au jus des dernières tendances et « insights » concernant la firme de Cupertino (il faut savoir que plusieurs visiteurs de la conférence sont des designers ou ingénieurs travaillant – ou ayant travaillé – chez Apple et Google à Dublin). Après un long laïus sur les qualités intrinsèques de la marque à la Pomme, chiffres à l’appui, le podcasteur s’est intéressé aux raisons de ce succès « phénoménal et unique au monde », l’expliquant par l’importance d’innover « à tout prix », malgré de « nombreuses erreurs de parcours ». Il le dit de façon claire et assumée : « Si Apple n’avait pas existé, il aurait fallu que Microsoft invente Apple, parce que sinon ils n’auraient eu personne à qui voler les idées ! Et selon lui, l’iPhone n’est que l’arbre qui cache la forêt, la vraie révolution venant de l’App Store et des créateurs d’applications, qui font travailler plus de gens dans le monde que l’industrie cinématographique Californienne : « l’écosysteme des apps dans le monde, c’est plus gros que Hollywood en termes de gens employés et de rentabilité ! ». Des apps dont il faut cependant contrôler tous les faits et gestes, rappelons qu’encore récemment Uber a failli se faire éjecter de l’App Store pour ne pas avoir respecté les règles de confidentialité.
  • Dans un tout autre domaine, j’ai particulièrement apprécié la keynote de Heath Black, un ancien de chez Reddi qui a partagé son expérience lors d’un talk inspirant, dans lequel il a démontré l’importance de l’enthousiasme et de l’émerveillement dans l’innovation, plutôt que du doute et du scepticisme. Il a également insisté sur le fait qu’il fallait, selon lui, plusieurs « items » essentiels pour vivre une expérience client hors du commun, dont le bonheur (« que se passerait-il si notre ROI principal était le bonheur ? ») et la mémoire (« c’est quelque chose de physique : une expérience mémorable, ce sont des milliards de connexions dans votre cerveau, dont il se rappellera par la suite »). Pour conclure avec l’importance du storytelling et des mots en particulier, citant cette fois-ci le grand Mark Twain : « la différence entre le mot juste, et le mot presque juste, est la même qu’entre l’éclair et la luciole ». À juste titre, CQFD.
  • Pour finir, je mettrai l’accent sur l’importance de l’expérience à ULL, qui s’est traduite de façon très concrète par la mise en place de tout un tas d’animations surprenantes et originales. Tout d’abord, une escape room assez spéciale, dans laquelle nous nous sommes rendus par petits groupes de 5 personnes, et où nous avions 30mn pour résoudre une énigme axée sur la tech et les nouvelles interfaces utilisateur. Pour sortir de la pièce, il nous a fallu décrypter un message secret, cela passant par l’utilisation de tout un tas de devices, puis par la découverte d’autres indices… Une autre animation intéressante nous a permis de découvrir des talks peu connus de Steve Jobs sur des iPads cachés un peu partout dans l’hôtel. Puis, nous avons finalement été bluffés par des talks inspirationnels surprises (notamment le mien – et oui, j’ai fait une keynote sur l’innovation et les burgers – true story !) qui n’étaient pas prévus dans le programme, mais qui ont permis à l’assemblée de découvrir l’univers de quelques-uns des participants, leurs projets personnels ou encore leurs passions…

TAKE AWAY

 

LA PERSONNALITÉ INCONTOURNABLE
Vous ne trouverez aucune photo d’elle sur le Net, et pourtant, son podcast sur les robots cartonne sur iTunes au Royaume-Uni et un peu partout dans le monde. Pourquoi ? Probablement parce que la sympathique Alexandra Cox n’a pas sa langue dans sa poche, ce qu’elle nous a démontré lors d’une keynote drôle et délirante sur les robots les plus fous (« mon robot préféré du moment est celui qui imprime les tweets de Donald Trump et les brûle »), les plus inutiles (« pour l’instant, l’immense majorité des robots que vous avez vus ne servent à rien ! »), ou les plus flippants (« lisez le livre Superintelligence de Nick Bostrom, ça va ruiner votre vie ! »). Il ne vous reste plus qu’à écouter ses podcasts !

 

 

 

 

À LIRE (OU À RELIRE) !

Dans Disrupted, le journaliste Dan Lyons se moque ouvertement du monde des start-ups et de la tech en général. Ancien journaliste tech à Newsweek, le bougre nous propose une immersion dans la Silicon Valley, la vraie, loin des « amazing » et des « oh my god » que vous pouvez entendre lors la plupart des conférences. Avec un humour cinglant, le reporter nous livre un condensé de vérités sur un milieu dont les acteurs, sous couvert de « make the world a better place », n’ont qu’une seule idée en tête : repartir avec un max de cash ! Dans le même esprit que l’excellente série Silicon Valley (que Lyons a d’ailleurs co-écrite) mais cette fois-ci avec de vraies personnes dedans, cet ouvrage, qui m’a été conseillé pendant l’event, promet quelques bonnes barres de rire et peut-être aussi quelques désillusions pour tous les start-uppers en herbe… À dévorer sans tarder (pendant les ponts du mois de mai par exemple !)

 

 

START (ME) UP !

Il a beaucoup été question d’applications durant ces deux jours, rien de tel donc qu’une start-up qui propose une app pour vous permettre de faire votre propre app vous-même ! Initialement lancée sur Kickstarter, Tapjet est une PaaS (platform as a service), et vous propose une interface facile d’accès et simple à utiliser pour donner vie à votre appli, vous permettant de choisir entre différents templates selon votre activité et l’usage que l’utilisateur peut en faire. Croisé lors du dîner d’ouverture, le fondateur est persuadé que ce n’est que le début, et que bientôt ce genre d’apps sera assisté par intelligence artificielle, peut-être même doublée d’un chatbot : « dans quelques années, tout le développement d’applications sera encore simplifié et vous n’aurez plus qu’à demander ce que vous voulez, en quelques instants votre app se créera sous vos yeux ». On attend de voir ça !

Après deux jours d’inspiration, je repars la tête pleine de nouvelles idées et de belles phrases en tête, notamment celle de Peter Drucker : « le meilleur moyen de prédire le futur est de le créer ». Une citation qui colle parfaitement à l’esprit enthousiaste de cette conférence où je vous conseille vivement d’aller, profitez-en aussi pour venir avec votre compagnon ou compagne, et visiter un peu les alentours… D’ici quelques jours, j’accompagnerai Matthieu à l’Échappée Volée. Stay tuned !

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Eline

All stories by: Eline