Event Reporter – USI 2017
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Silex ID, grands fans de l’USI nous ont tellement vendu l’évènement qu’il a fallu qu’on s’affronte en interne pour obtenir nos badges et l’honneur de couvrir le paradis du contenu : l’USI pour Unexpected Sources of Inspiration. Les vainqueurs étant nous, Eline et Valentin, nous avons donc eu la chance de participer à 2 jours de contenus exceptionnels et inspirants, au cœur des enjeux de transformation digitale et de problématiques aussi variés que la blockchain, l’intelligence artificielle, la peur ou encore la philosophie de la punition !

Alors que l’USI fêtait ses 10 ans avec cette édition 2017, l’évènement peut se vanter d’être devenu l’une des plus grandes conférences internationales sur la transformation digitale, avec un Line up de speakers uniques en Europe. Et par grand j’entends prestigieux, tant cette conférence est ambitieuse que ce soit sur son programme et sur ses intervenants ou sur son public ciblé. Si vous êtes en quête de contenus de haute qualité mais un peu fatigués des démos, start-ups et pitchs, l’USI est fait pour vous !

CE QU’IL FAUT RETENIR

Voici nos conférences coups de cœur :

  • Le pouvoir de simulation de notre cerveau
    Moran Cerf, hacker multirécidiviste, et depuis peu scientifique spécialisé dans l’étude du cerveau nous a éclairé sur le potentiel de notre cerveau. Il nous fait d’abord remarquer, à raison, que l’évolution de notre corps à travers les âges n’est pas flagrante. Et pourtant, ce qui s’est passé à l’intérieur est grandiose ! Notre cerveau est capable de bien plus que ce que nous sommes capable d’imaginer ! Ce dernier apprend par exemple à contrôler des corps étrangers au nôtre comme dans les cas de greffes d’organe. Rendez-vous compte du champ des possibles qui s’ouvrent à nous ! Le cerveau est capable de redistribuer les tâches si un nouveau membre est ajouté. En nous branchant des puces dans le cerveau, nous pourrions nous créer des ailes mécaniques que notre cerveau contrôlerait comme si ces ailes étaient naturelles ! L’expérience a déjà été faite avec un troisième bras ! En soi nous pourrions même changer de corps, notre cerveau s’y adapterait. Et si finalement, le futur de l’humanité c’était ça ? Plus nous ajoutons des fonctions à notre cerveau plus le champ de nos capacités s’étend. Nous pourrions désormais espérer avoir la vision nocturne des chouettes, la capacité d’appréhender la distance entre un obstacle et nous-même à la manière des chauves-souris… Mais alors la question de ce qu’est l’humain se pose, ce qui met bien en évidence l’ambivalence de la technologie qui peut à la fois être notre meilleur alliée et notre pire ennemie. Et si finalement les robots que nous redoutons tant, c’était nous?

 

  • Pour faire naître une idée
    Le mathématicien Cédric Villani (que nous avions déjà rencontré chez Silex ID) nous a fait voyager dans le temps pendant une heure en suivant le parcours de génies des mathématiques. Il nous explique que pour certains une idée est aussi fugace qu’un éclair à la manière de Léo Szilard qui, en 1933, a eu un éclair de génie qui lui permit de comprendre comment extraire l’énergie de l’atome grâce à la réaction en chaîne. Cet éclair allait changer sa vie, c’est celui-là même qui conduira à la création de la bombe atomique pour laquelle le projet Manhattan fit travailler plus de 100 000 personnes.
    Mais parfois l’illumination est plus longue. Le mathématicien français nous parle alors de Robert Brown et de sa découverte de l’atome (d’où le terme de mouvement brownien). Cette découverte fut ensuite reprise par Ludwig Boltzmann et Albert Einstein mais la calculatrice électronique n’existant pas encore à cette époque, leur travail de théoricien s’arrêta là et celui de l’expérimentateur prit le relais. C’est ainsi que Jean Perrin et Theodor Swedberg déterminent le nombre d’Avogadro dont la valeur correspond par convention au nombre d’atomes de carbone dans 12 grammes de carbone 12, et ce toujours sans calculatrice !
    La morale de ces histoires ? « Chaque jour est un échec ». Le scientifique peut essayer longtemps sans que rien ne se passe et même une fois la bonne idée trouvée, encore faut-il convaincre les autres.
    « Les bonnes idées sont imprévisibles ». Mais pas de panique, Cédric Villani nous donne les ingrédients nécessaires à la naissance des idées : la documentation, la motivation, un environnement propice, les échanges, les contraintes, le mélange de travail et d’illumination et enfin la persévérance et la chance.

 

  • Einstein ou la pensée musculaire
    En 1954, on demande à Albert Einstein pourquoi il a été le premier à découvrir la relativité. Et à l’incroyable génie que nous connaissons de répondre : « Parce que j’avais un retard mental ». Surprenant non ? Pas tant que ça, selon Etienne Klein, Directeur d’un laboratoire du CEA qui nous a présenté avec une grande clarté et simplicité les ressorts pourtant si complexes de la pensée d’Einstein.
    Il nous explique ainsi que lorsque l’on est enfant, il est un moment où l’on comprend la différence entre le temps et l’espace. On passe alors à autre chose. Le « retard mental » d’Einstein, c’est en réalité d’avoir continué à penser à ces choses d’enfant avec son cerveau d’adulte. Tout au long de son parcours assez chaotique, Einstein s’intéresse à la lumière et se pose toute sorte de questions qui le projettent dans des scénarios dont il vérifiera la validité par des équations. Ainsi, il se demande ce qu’il se passerait si la lumière était capable d’émettre de la lumière ? Cette émission aurait-elle deux fois la vitesse de la lumière ? Et s’il était à cheval sur un rayon de lumière, que verrait-il ? Ces pensées vont le conduire à déduire que l’on ne peut pas être immobile par rapport à la lumière et que sa vitesse est un absolu, ce qui va à l’encontre des théories de l’époque.
    C’est ce type de pensée qui le mène à la théorie de la relativité de 1905, le fameux raisonnement du train et de l’horloge. Lorsqu’il vient à se demander si une personne en chute libre sent son propre poids ou non, il en déduit la nouvelle théorie de la relativité de 1909.
    Tous ces scénarios caractérisent la pensée d’Einstein comme une pensée musculaire ; c’est-à-dire qu’il va déduire des équations de situations imaginaires dans lesquelles il se place lui-même, afin de visualiser un concept. Le résultat est incroyable : on utilise encore ses équations cent ans plus tard et ces dernières ont résisté aux tests des données que nos technologies modernes nous ont permis de collecter. Mieux encore, les équations d’Einstein ont prévu l’existence de trous noirs un siècle avant que l’on puisse les observer ! Et cette pensée est tellement unique que l’on ne pourrait retrouver les équations d’Einstein à partir des données collectées.

 

  • L’avenir est dans la blockchain (publique) !Vous avez déjà beaucoup entendu parler de blockchain, notamment dans nos articles mais je vous assure que cette fois-ci on ne va pas tenter de vous la réexpliquer. Benoit Lafontaine d’Octo Technology nous a proposé une analyse intéressante de l’usage de la blockchain par les entreprises, qui ont la fâcheuse tendance à privilégier la blockchain privée (réseau dont l’accès est restreint) à la blockchain publique (réseau dont l’accès est ouvert) par souci de contrôle de leurs données. Mais ce souci les fait se méprendre! Car, selon lui, l’avenir est dans la blockchain publique de la même manière que les grands gagnants de la révolution internet ont été justement ceux qui ont exploité son côté ouvert. Imaginez-vous à la fin des années 1990, qui a gagné à votre avis entre une chaîne de librairies mettant en place un intranet avec accès restreint pour vendre ses livres et Amazon qui a exploité le potentiel infini offert par un internet ouvert au monde ? La question est donc vraiment « comment vais-je mettre, demain, mon métier sur la blockchain publique ? ». Thompson Reuters l’a bien compris en fournissant via Ethereum (public) ses données de marché. Et pour rassurer ceux qui brandissent le problème de confidentialité, on peut stocker des preuves sur la blockchain et non pas les données ! Benoit Lafontaine conclut qu’un mode de gouvernance se dessine et que c’est aussi à nous de donner notre avis sur l’utilisation d’une technologie comme celle-ci, sans quoi les entreprises risqueraient de la dénaturer… Alors vous l’avez compris: vive la blockchain publique !

Focus Déj

A 13h, nous nous dirigeons vers l’Orangerie située dans le jardin des Tuileries sous une chaleur suffocante. Superbe lieu pour manger son panier repas ! Au menu, des veloutés de légumes, des profiteroles, des mini burgers, des salades… Un repas froid qui ne fut pas de refus durant ces deux jours de canicule parisienne ! Ce devait sans doute être un super moment pour networker, mais après 5 heures de conférence, l’envie de se poser avec ses amis prend le dessus il faut l’avouer.

TAKE AWAY

LE CHIFFRE CLE

C’est le nombre de miles de données collectées par Tesla depuis sa création nous rappelle Kevin Kelly. Alors que la firme d’Elon Musk n’a vendu que 180 000 véhicules, elle est aujourd’hui valorisée à 54 milliards de dollars alors que le géant historique Ford et ses 100 millions de véhicules vendus en un peu plus d’un siècle est valorisé à 44 milliards de dollars ! Pourquoi une telle différence de valeur ? Tout simplement parce que nous vivons dans un monde dans lequel ce n’est plus le nombre de ventes que vous faites qui compte, mais le nombre de données que vous êtes capable de collecter. Et en l’occurrence pour Ford, ce nombre est pour l’instant nul. Le géant de l’automobile reçoit ainsi une sévère leçon d’un jeunot du marché : « data is money ».

WHO’S THAT GUY ?

Le créateur de « WAIT BUT WHY » nous a raconté son expérience et son analyse de la procrastination (si vous voulez visualiser son TED talk, ici). Nous avons donc assisté à un talk fun et inspirant façon vice versa sur ce qui se passe dans la tête d’un procrastinateur. 3 personnages interviennent dans l’histoire : le rationnel qui prend des décisions rationnelles, le singe adepte du plaisir instantané (le protagoniste dans la tête du procrastinateur) et enfin le monstre de la panique, seul personnage à être capable d’effrayer le singe. Ça peut vous sembler bizarre, mais ce gars-là est un sacré bonhomme (à retrouver dans un article Silex ID très prochainement) !

 

A LIRE (OU A RELIRE)

« 1% du montant dépensé par les entreprises dans les biens et services pourraient sortir 400 000 personnes de la pauvreté ». Nous l’avions déjà rencontrée à Leade.rs, Leila Janah, fondatrice de Samasource et LXMI a écrit un livre pour sensibiliser les entreprises et la société à l’opportunité que représente l’embauche de personnes vivant en dessous du seuil de pauvreté qui se révèle être bénéfique pour tout le monde !
Après deux jours de contenus plus enrichissants les uns que les autres, l’USI s’achève sur une touche bien inattendue et si humaine : le témoignage de la politicienne et ex-otage Ingrid Betancourt. Elle nous ouvre les yeux sur la notion de peur et en quoi cette dernière peut bouleverser une vie. Quelle belle leçon de vie pour achever deux jours d’une sacrée expérience intellectuelle qui vous donne vraiment la sensation que, décidément ce soir-là, vous vous coucherez plus ouvert et moins con ! Et ce qui est sûr, c’est que cons nous l’aurions été de ne pas nous battre pour venir à l’USI assister à ces talks d’une qualité inégalée en Europe, si ce n’est dans le monde! 

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eline

All stories by: eline