Newsletter Silex ID – Bits & Pretzels 2017
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Lorsque l’on parle d’un écosystème de start-ups en Allemagne, on pense automatiquement « Berlin ». Pourtant, la scène de Munich existe et elle était très bien représentée lors du Festival Bits & Pretzels, qui se déroule en plein Oktoberfest. Avec une ambition, mettre l’innovation au coeur des traditions bavaroises. Philippine vous raconte. 

Fondé en 2014, le Bits & Pretzels fait figure de petit nouveau dans la tech allemande. Avec une forte dimension internationale, en particulier américaine, cet événement s’adresse aux fondateurs – quels qu’ils ou elles soient : talks inspirants, speakers très (voire très très) connus sont donc au coeur du festival ! Pour sa quatrième édition, l’International Congress Center de Munich a accueilli une nouvelle fois Kevin Spacey, qui a annoncé rejoindre le groupe des fondateurs du B&P sous les acclamations du public. Stars hollywoodiennes, célébrités allemandes (les footballeurs Oliver Kahn ou Philipp Lahm par exemple) ou fondateurs de licornes européennes (Quentin Sannié pour Devialet) sont venus délivrer à une audience survoltée messages inspirants et conseils entrepreneuriaux.

L’autre caractéristique du festival, c’est son ancrage bavarois très marquant : la bière coule à flot du matin au soir, les startuppers et speakers portent tous le costume traditionnel bavarois (Lederhose pour les hommes et Dirndl pour les femmes), et le networking se fait, le troisième jour, sous une des tentes de la célèbre Oktoberfest dans une ambiance détendue et plus que festive !

Oui, c’est une télé. Ou plusieurs télés collées on dirait.

CE QU’IL FAUT RETENIR

En deux jours de conférence, un tas de sujets ont été abordés. Best of :

  • Les fondateurs d’aujourd’hui parlent aux founders de demain. 
    L’ambition de Bits & Pretzels est de devenir une courroie de transmission entre les fondateurs des grandes entreprises d’aujourd’hui et de celles de demain. CEO de startups mondialement connues ou plus discrètes se sont donc succédés sur la scène pendant deux jours, offrant au public un florilège de conseils plus ou moins pertinents, mais tirés de retours d’expérience toujours bons à prendre. Le co-fondateur et CEO de Trivago, Rölf Schrömgens, a ainsi longuement insisté sur la nécessité pour les chefs d’entreprise de pratiquer l’humilité : l’orgueil est le piège le plus courant et le plus dangereux. De la part du CTO d’Amazon, Werner Vogels, plusieurs insights tels que : protéger la vie privée des utilisateurs/trices doit être la priorité numéro 1. Un panel portait spécifiquement sur les champions scandinaves : d’après Marianne Vikkula (Slush, Finlande), Jacob de Geer (iZettle, Suède) et René Rechtman (ex-Makers Studio, Danemark), la langue joue un rôle encore clef. C’est parce que les scandinaves maîtrisent globalement l’anglais et que leurs marchés sont petits – la Suède compte seulement 9,9 millions d’habitants – que leurs startups parviennent à se développer internationalement très rapidement.

 

  • Startup is the new black.
    Fait marquant du festival, sa proximité avec l’univers d’Hollywood et du show business. Signe que la tech est la nouvelle hype, Kevin Spacey, Carice Van Houten (Game of Thrones) ou encore Stefan Raab (star de la télé allemande) ont eu droit à leur quart d’heure de gloire. La présence de célébrités dans un festival à destination des professionnels peut surprendre d’abord, mais s’explique : l’ancien footballeur Oliver Kahn a ainsi fondé sa propre startup, GoalPlay, et Kevin Spacey a achevé sa mutation en investisseur chevronné. Quand on sait l’influence d’Hollywood et de l’industrie du divertissement de façon plus générale sur le monde de la tech, on comprend mieux que le show business se mobilise pour se saisir de ces sujets. Rappelons que House of Cards a été la première série créée par Netflix à être publiée en ligne en entier dès le premier jour, révolutionnant ainsi nos consommations de films et de séries. Enfin, avec l’arrivée des caméras 360 ou de la réalité virtuelle, c’est aussi la façon de produire des films qui va être bouleversée par les nouvelles technologies.

 

  • Mettre Munich sur le devant de la scène. 
    Si de nombreux speakers étaient internationaux – les Etats-Unis en première position – la scène tech Munichoise était quand même largement sous les spotlights. L’enjeu est de taille pour Munich puisqu’il s’agit de rattraper sa rivale, Berlin, dont la réputation internationale est déjà acquise, en montrant le dynamisme de son écosystème. Lequel est encore, on le sent, en cours de maturation – la capitale bavaroise n’attire encore que 11% des startups allemandes, contre 31% pour Berlin. L’occasion du festival était donc rêvée pour que le Land de Bavière lance une opération séduction, en la personne d’Ilse Aigner, ministre-présidente bavaroise chargée des affaires numériques. Un message : Munich a les ressources financières pour investir (c’est une des villes les plus riches d’Allemagne) et les talents, avec l’Université Technique de Munich notamment. En outre, arme de persuasion massive auprès d’une audience majoritairement anglo-saxonne, l’Oktoberfest, dont on ne soulignera jamais assez les vertus en termes de networking.

Focus Déj

Ambiance sous les sunlights pour le déjeuner ! Le festival offrait le repas du déj à tous les participants. En photo, la dame et ses lasagnes veggies (excellentes au demeurant). Sinon, les spécialités locales : des bretzels et de la bière.

TAKE AWAY

START (ME) UP

Oui, je sais, en 2017 on ne parle plus trop des cardboards, ces supports de réalité virtuelle qui fonctionnent grâce à un smartphone ! Pourtant, l’expérience proposée par Holodeck VR, spin-off d’un institut Fraunhofer allemand (centre de recherche dédié à l’application industrielle des innovations) m’a tout simplement décoiffée. Dans cette maison hantée, le sol disparaît subitement, on marche sur le plafond… Et croyez-moi, impossible de se rappeler que nos pieds sont bien ancrés dans le sol, même si c’est le cas. Un cas d’usage qui rappelle que, pour que la VR pénètre dans nos vies, nous avons surtout besoin de contenus de qualité !

TECH DEMO

NUIA – pour Natural User Interaction Agency – est une startup spécialisée dans la production de softwares qui rendent possible une interaction dite « naturelle » avec nos machines. Par naturel, on entend autre que le toucher, c’est-à-dire par le regard, les gestes ou encore la voix. Au cœur des développements récents dans le domaine des IHM (interactions humains machines) se trouvait le défi de faire comprendre à la machine les données envoyées par les différents capteurs. Avec la reconnaissance faciale du nouvel iPhone, les divers assistants vocaux intelligents ou NUIA, c’est un nouveau terrain de jeu qui s’ouvre pour les IHM. Sans oublier de mentionner les différents problèmes éthiques que ces innovations peuvent soulever en termes de protection de la vie privée, notamment.

WHO’S THAT GUY ?

Ce monsieur plus tout jeune n’est autre que l’ancien directeur de la CIA John E. McLaughlin, qui, après avoir passé plus de trente ans dans la célèbre agence, est venu participé à l’une des conférences, sur la cybersécurité. Ce moment était l’un des plus fascinants du festival, car plutôt que de faire une présentation abstraite, le chercheur Marco Gercke (Cybercrime Research Institute) a plongé toute la salle dans un compte à rebours palpitant où une startup fintech se faisait attaquer par un ransomware, exactement comme l’attaque WannaCry de mai 2017. John E. McLaughlin, accompagné de l’ambassadeur Wolfgang Ischinger et de la startuppeuse et data scientist Andrea Pfundmeier, a dû réagir en direct aux nouvelles informations distillées au fur et à mesure du cas pratique.

Tout comme son écosystème parent, le Bits & Pretzels de Munich est encore très jeune mais prometteur. Très orienté business et esprit entrepreneurial, il met en avant quelques jeunes startups, mais aussi des licornes et entreprises bien installées dans le monde de la tech. Avec son cadre familial et très décontracté, c’est une bonne opportunité pour nouer des contacts ! En revanche, le festival peut encore améliorer la qualité des interventions, pas toujours en lien avec les nouvelles technologies et le monde des startups, ainsi que s’ouvrir au grand public, qui, pour le moment n’est pas invité. Gageons que l’édition 2018 sera encore plus riche !

Philippine Régniez
Event reporter pour Silex ID

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