Newsletter Silex ID – DLD Europe 2018
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Salut les cro-magnons !

Après DLD Tel-Aviv l’année dernière, nous nous sommes rendus cette année à DLD Europe qui se tenait à Bruxelles le 5 septembre ! Suivez Jeff dans sa visite !

Le DLD faisait une halte à Bruxelles pour la troisième fois de son histoire début septembre. Un événement qui détonne par son atmosphère et son format à l’ancienne. On oublie les events « tendance » avec food truck, concerts pop en plein air et démo de VR sous chapiteau, et on renfile le bon vieux costume cravate dans une ambiance rotary club et son lot de petits fours, de canapés en velours et d’interludes jazz soufflés par des contrebassistes recrutés pour l’occasion. Côté format, une seule salle de conférence avec un programme imposé et un auditoire plutôt old school (bureaucrates de la Commission Européenne, cadres de grands groupes et investisseurs). Dans un contexte politico économique morose marqué par la montée d’un populisme europhobe, le brexit et des frictions commerciales avec les US, l’objectif affiché était de débattre sur la place de l’Europe dans le monde digital de demain.

 

[2018] Régulation, quand tu nous tiens

Entrée en matière classique avec un état des lieux des tendances du web européen par l’Agence Européenne pour le Digital. Au-delà des avancées tech, 2018 aura été l’année de la régulation avec en fer de lance l’omniprésente directive sur la protection des données personnelles (RGPD). Au-delà de sa nécessaire existence, la plupart des intervenants ont soulevé l’opacité du dispositif et les nombreuses difficultés de mise en application éprouvées par les entreprises, et notamment les PME, pourtant motrices de l’innovation en Europe. Le message à peine voilé à destination des bureaucrates de Bruxelles : une régulation est indispensable pour protéger les citoyens contre les dérives de la digitalisation (protection et propriété des données, lutte contre les monopoles, cyber hacking…) mais elle doit être suffisamment souple pour ne pas générer trop de contraintes opérationnelles et enrayer ainsi le développement d’un secteur aussi stratégique que la tech. Au rayon des autres tendances soulevées, peu de surprises : la lutte antitrust avec l’amende de 4,3 Mds d’euros infligée à Google (plus efficace qu’une audition au sénat), les promesses de la blockchain, la multiplication des ICO avec les risques ainsi posés de tokenisation de l’économie. Et bien entendu, l’IA et son carburant présenté comme le nouveau pétrole du XXIème sièce : la data.

[US vs China…vs Europe] Et moi et moi et moi

Quand il s’agit d’évaluer la place du Vieux Continent dans la course mondiale à l’innovation, deux visions s’opposent assez nettement. Les bureaucrates d’un côté, résolument optimistes, vantent les avancées réalisées depuis 10 ans avec l’éclosion de quelques licornes (2 en fait : Deliveroo et Spotify), des stats de création de start-up tech au beau fixe (autant que la Chine en 2017, soit un peu plus de 300), des investissements en amorçage et scale-up qui ont explosé (x7 en 8 ans), et la formation des talents de demain, réputée aujourd’hui comme l’une des meilleurs du monde.
Et puis il y a l’autre côté de la médaille relevé pour l’essentiel par les investisseurs et les corporates. Les licornes ? Aucune firme européenne dans les 20 plus grosses sociétés digitales dans le monde en termes de valorisation. Autant de start-up créées que les Chinois ? Ok mais 3 fois moins qu’aux US et aucune dans les 100 premières. Un investissement en hausse ? Là aussi bien inférieur aux montants injectés par les VC chinois ou américains en 2017 (14% pour l’Europe, 40% pour les US et la Chine). Quant à la formation, elle est certes reconnue mais la fuite des cerveaux n’a jamais été aussi criante (75% des data scientists de Facebook et 70% de ceux de Google sont par exemple français ou allemands). Éloquent.

[Tech for good] Et après ?

Plusieurs pistes ont été soulevées par des panels mixtes pour remédier à ce retard jugé désormais préoccupant. Les alliances transnationales en constituent une première. L’Europe reste la première économie mondiale et une collaboration plus forte entre pays reste un bon moyen de doper le développement des entreprises du secteur. Une articulation plus étroite entre sphères publique et privée pour assurer le financement de projets porteurs à fort potentiel et accoucher de la création de licornes ou moonshots est également jugée indispensable (public en early stage, potentiellement à perte puis prise de relais du privé en accélération). La rétention des talents a aussi été affichée comme l’une des priorités et là aussi, le secteur public peut donner l’exemple à l’instar du Gouvernement Canadien, dont les instituts de recherche étatiques débauchent à prix d’or les meilleurs ingénieurs du pays pour les garder sur leur sol. Plusieurs intervenants ont enfin prôné un positionnement plus en ligne avec l’ADN du continent : une innovation dynamique qui permette le respect, la protection et la sécurité de ses citoyens (Tech for good), et ainsi se démarquer de ses voisins américains (Tech for profit) ou chinois (Tech for mass control).

L’ambiance n’était pas vraiment au burger. Plutôt traiteur à dominante asiatico germano italienne. Bœuf aux épices, lasagnes, bretzel et au menu pour un lunch sur tables hautes, une mise en scène parfaite pour du réseautage en bonne et due forme.

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Le saviez-vous ? La taille moyenne du post-it entre sa première commercialisation en 1980 et maintenant est passée de 2,1 cm à 7,6 cm. C’est ce qu’a relevé l’architecte Ram Komraus lorsqu’on lui a demandé de parler de l’évolution de la société entre 1970 et nos jours. À méditer…

 Grazia Vittadini

Honneur à cette mère de 3 enfants, tout juste nommée CTO du Groupe Airbus (rien que ça), qui a nous a livré quelques applications concrètes de l’exploitation de l’IA en aéronautique. Grazia Vittadini a ainsi expliqué comment les modèles de big data intégrés avec caméras et capteurs aux moteurs des avions permettent aujourd’hui d’assurer une maintenance prédictive des appareils en décelant des pannes et casses avant même qu’elles ne surviennent. Ces modèles sont aussi utilisés pour optimiser la gestion du carburant en fonction des aléas météorologiques ou modifier les itinéraires en amont pour limiter les risques de chocs lors d’orages pendant les vols !

Net Id Foundation 

Saviez-vous que 4% des données des citoyens européens sont stockés sur des serveurs européens et que les GAFA contrôlent 70% de la pub en ligne, 75% des médias sociaux et 90% du search ? C’est en voulant trouver une alternative à ces dinosaures que Jan Oetjen a cofondé Net Id Foundation. L’idée ? Définir un système de transmission de données et de communication (mail, stockage…) basé sur la blockchain qui permet aux utilisateurs via un portail sécurisé de protéger leurs données personnelles et d’activer la transmission de leurs infos personnelles en fonction du provider (fournisseur, média ou e-commerçant). Net Id Foundation regroupe déjà 40 millions d’utilisateurs en Allemagne soit plus que Gmail !

Vous l’aurez compris le DLD Bruxelles est davantage un think tank sur les perspectives de développement de l’Europe dans le monde digital de demain qu’un event sur la tech à proprement parler. On passe une journée plutôt dense, bien remplie avec une diversité d’interlocuteurs intéressante, relativement inédite et des débats plutôt relevés. On regrettera cependant un formalisme un peu pesant et des débats parfois trop théoriques. Bien pour sonder l’optimisme ambiant aux alentours des décideurs de Bruxelles. Pas plus.

Coming next!

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AUTHOR

Eline

All stories by: Eline