Newsletter Silex ID – Emtech Toulouse 2017
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Cette semaine, direction la Ville Rose et son magnifique musée du Quai des Savoirs pour un voyage intellectuel et technologique qui vous donne un aperçu complet de ce qui fait et fera tourner le monde dans les décennies à venir. Une machine bien huilée qui vous donne deux jours pour « redescendre le temps » avec une ambition forte affichée sans pudeur : « Leading the transformation of humanity ». Rien que ça ! On suit Valentin à EmTech Toulouse !

EmTech, c’est l’évènement phare de la prestigieuse revue scientifique du Massachusetts Institute of Technology, la MIT Technology Review dont la principale édition se tient tous les ans à Boston. Et depuis deux ans cette conférence de haute qualité se décline en France, pour notre plus grand bonheur ! Le format n’est pas d’une originalité incroyable, mais la qualité des interventions compense largement ce manque de folie ! Et puis ce n’est pas l’usine à gaz avec des milliers de visiteurs. Seuls quelques centaines de chanceux !
Cette année, Emtech a choisi de s’intéresser aux relations entre l’Homme et l’évolution technologique en articulant ses contenus autour de 4 thématiques : les technologies d’intelligence artificielle, de planification urbaine ou agricole et de génomes (sous le nom de « Smart »), les technologies d’impact social (« Social »), les technologies cognitives liées à l’esprit et cerveau humain (« Mind ») et enfin les dernières tendances en matière de business et d’entrepreneuriat (« Work »).
Ces 4 axes nous donnent un panorama très complet et extrêmement enrichissant, mais surtout une structuration qui manque beaucoup à de nombreuses conférences technologiques !

Oui, c’est une télé. Ou plusieurs télés collées on dirait.

CE QU’IL FAUT RETENIR

Voici un petit aperçu du best of EmTech, comme si vous y étiez :

  • Une nouvelle génération de leaders pour suivre le boom technologique. 
    Dans la thématique « Work », Rahaf Harfoush s’est posée la question des qualités requises chez les entrepreneurs et leaders pour réussir dans le monde de demain. Et pour cela elle note 3 changements principaux : l’abondance des données depuis que nous en sommes tous devenus producteurs. Ces dernières nous dépassent, nous engloutissent alors que nous avions été formés à processer une information ayant un début, un milieu et une fin, à l’image d’un semestre à l’université qui commence par la rentrée et se finit par des examens. C’est ainsi que nous interagissons avec l’information. Mais aujourd’hui il n’y a pas de fin aux flux d’informations que nous voyons défiler chaque jour. La première recommandation pour les leaders de demain consiste donc à bien savoir gérer cette abondance et cultiver ce qu’elle appelle un « état de zen informationnel ». Le leader de demain doit être conscient de l’écosystème d’informations sans limite dans lequel il évolue, et l’accepter, au lieu de vouloir tout savoir et tout suivre. Deuxièmement, le leader de demain doit être conscient que ses choix, sa vision du monde et ses suppositions affectent la technologie qui sera développée. Mark Zuckerberg a révélé qu’il ne croyait pas en l’intimité, et cela a eu un immense impact sur les algorithmes que Facebook a développés… Enfin, ces leaders évolueront dans l’âge de la micro-influence, et devront se poser la question de l’impact de leurs décisions : font-ils le bien autour d’eux ? Dans tous les cas, ceux qui réussiront seront ceux qui seront engagés à poser des questions, mais surtout à être à l’aise avec le fait d’être mal à l’aise… Tout un programme !
  • Un atelier pour découvrir une nouvelle façon de protéger ses données. 
    C’est le nom de l’atelier qui m’a interpellé et a suscité mon intérêt : « Faire enfin ressortir la protection de nos données du Moyen Âge ». Intriguant non ? Pourquoi cette métaphore médiévale ? Et bien s’il y a une chose à retenir de cet atelier dirigé par un expert en cybersécurité, c’est qu’il est urgent de traiter nos données plus sérieusement et de changer de paradigme. Aujourd’hui et depuis les années 2000, pour protéger vos données, la tendance reste celle de la forteresse (vous voyez le rapport avec le Moyen-Âge) : on construit des murs pour protéger nos données avec une porte et des clefs que sont par exemple un identifiant et un mot de passe. Or il n’y a pas de forteresse qui tienne dans un monde où tout est connecté, et de plus en plus avec l’internet des objets. Actuellement, le procédé est le suivant : on crypte les données puis on les décrypte pour les lire. C’est ce paradigme qu’il propose de changer. Sa proposition ? Reprendre le contrôle de nos données en reprenant le contrôle des clefs. Sa solution transforme nos données en objets binaires qui intègrent l’anonymat puisque ces objets sont désordonnés. Ils génèrent un numéro de référence qui vous appartient et vous permet de les réordonner pour les lire. Pour les révoquer, et empêcher tout contrôle d’un tiers sur celles-ci, il vous suffit de changer le numéro de référence !
  • Un aperçu de l’art 2.0.
    Nous n’avons pas l’habitude de parler d’art, mais l’intervention à laquelle j’ai assisté m’a convaincu que le sujet méritait une petite place dans cette newsletter. J’ai en fait réalisé que l’art aussi pouvait embrasser l’innovation comme n’importe quel autre domaine ! L’artiste Naziha Mestaoui nous a ainsi présenté son travail intitulé « Ancestral Future » qui joue du paradoxe apparent entre la culture ancestrale de tribus d’Amazonie dans lesquelles elle a vécu en immersion et la physique quantique qu’elle a étudié. Ainsi, l’art émerge du mélange des interprétations qu’ont ces tribus de la réalité (notamment de leur vision de la mort) et de l’analyse scientifique. Et cela donne des créations visuelles, sonores, jouant sur les ondes… Naziha est aussi connue pour ses jeux de lumières sur la Tour Eiffel au moment de la COP 21. Après une campagne de crowdfunding où les gens achetaient des arbres virtuels, ces derniers étaient projetés sur la Dame de Fer puis résultaient en la plantation concrète d’arbres dans la forêt amazonienne. Quand l’art permet la mobilisation !

Focus Déj

Grosse déception gastronomique pour cet évènement chers lecteurs ! Alors oui, les petits fours du déjeuner nous sont gracieusement offerts, mais pas de Food Truck à l’horizon…  Alors on fait la queue, on se sert au buffet, on prend un verre et on essaie de trouver un endroit où s’installer. Pas vraiment facile malgré la beauté des lieux, dans la mesure où seuls les VIP ont un coin avec des tables (je suis sûr que la prochaine fois Silex ID sera VIP ne vous inquiétez pas !) … Mais bon le soleil est de la partie, tout le monde s’assied sur des marches dehors et ça discute dans un bon esprit !

   TAKE AWAY

WHO’S THAT GUY ?

Balder Onarheim, l’électricien de votre cerveau !

Ce professeur et entrepreneur danois nous rappelle que notre cerveau peut être impacté de deux façons ; soit de manière chimique au niveau des synapses (rappelez-vous vos cours de SVT du lycée !) avec le grand risque que l’on connait de déséquilibre hormonal, soit de manière électrique au niveau des neurones. Et c’est là qu’intervient notre cher Balder avec son casque étrange. Son but ? Booster notre créativité en stimulant le cerveau de manière non invasive (c’est-à-dire sans le toucher directement). Pour cela, il a identifié des tendances en analysant les signaux électriques des personnes créatives. Et il s’est rendu compte que là où la plupart des gens qui se concentrent voient l’activité du lobe avant de leur cerveau augmenter et celle du lobe arrière diminuer, c’est l’inverse pour les personnes créatives. Son casque émule notre cerveau pour renforcer un courant du lobe arrière vers le lobe avant. En fait, derrière tout cela c’est une vision de l’avenir radicalement différente qui s’exprime : au lieu de vouloir rendre nos ordinateurs et l’intelligence artificielle créatifs, pourquoi ne pas faire l’inverse et booster notre créativité et notre cerveau afin d’optimiser ses capacités par ailleurs immenses ?

START (ME) UP !

2 approches pour un même but : l’efficacité énergétique dans le transport.

J’ai rencontré des start-ups à la hauteur de la conférence, si bien que je n’ai pas réussi à n’en garder qu’une :
AirSeas, start-up toulousaine soutenue par Airbus, a ainsi conçu une voile déployable à l’avant des navires cargo et tankers leur permettant d’économiser jusqu’à 20% de fuel alors que la facture annuelle pour chaque bateau est de l’ordre du million d’euros… La voile se déploie toute seule comme un cerf-volant et tracte le bateau. Elle est dotée d’un système d’analyse de données qui la fait pivoter en temps réel de manière à optimiser son usage selon les conditions météorologiques !
Autre approche qui a son impact sur la consommation énergétique, la start-up bordelaise Gazelle Tech et ses petites voitures ultra légères assemblées dans des micro-usines imaginées dans un simple container ! La production de cette voiture ne coûte pas cher et est relocalisée au plus proche de la demande grâce à la micro-usine, mais surtout elle consomme deux fois moins d’énergie grâce à son poids faible (75% de la consommation énergétique d’une voiture sont liés à son poids). Relocaliser la production, n’est-ce pas un moyen de repenser la chaîne logistique mondiale et dépendre moins d’un fret de longue distance ?

INSTANT TECH

L’avantage d’écouter quelqu’un de la MIT Technology Review, c’est que vous avez comme un petit aperçu avant tout le monde de ce que ces experts considèrent comme les innovations les plus prometteuses de l’année 2017. Et comme chez Silex ID on ne fait pas de rétention d’information, en voici le podium. À la première place, Inverser la paralysie : des grandes avancées en matière de neurosciences ont cette année permis de s’approcher un peu plus de la capacité ultime de « guérir » une paralysie. La mise au point d’implants dans le cerveau d’un singe paralysé lui ont ainsi permis de marcher à nouveau ! Sur la seconde marche du podium nous retrouvons Les camions autonomes : c’est vrai que l’on a tendance à beaucoup parler de voitures autonomes, mais très peu des camions. La dimension économique d’une telle avancée est gigantesque : imaginez une chaîne logistique optimisée, consommant moins d’essence et pouvant fonctionner 24 heures sur 24 ? Un peu effrayant aussi non ? D’autant que l’impact social est énorme comparé aux voitures autonomes : ce sont des millions de chauffeurs routiers qui se retrouveraient sans emploi. Enfin, en très bon troisième voici la techno qui vous permettra de Payer avec votre visage ! Face ++ qui est une start-up chinoise est la plus avancée en la matière et a fait parler d’elle cette année. C’est donc bien concret et disponible dès aujourd’hui. Mais si une application peut me reconnaître à n’importe quel moment, voire décoder les expressions de mon visage n’est-ce pas problématique ? Pas en Chine apparemment !

Ces 2 jours à EmTech ont été riches en contenus et en réflexion, plus qu’en rencontres je dois le dire, le public étant très hétérogène et l’évènement laissant peu de place au réseautage. Mais quoi qu’il en soit la MIT Technology Review réussit là une très belle troisième édition qui laisse présager un avenir radieux, toujours au cœur de la métropole toulousaine je l’espère car il est justement intéressant et rassurant de voir un évènement d’une telle qualité fleurir ailleurs qu’à Paris, parce que l’innovation n’est pas centralisée et ne se résume pas qu’au Sentier, Emtech l’a bien compris !

Valentin Pellissier
Event reporter pour Silex ID

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