Newsletter Silex ID – GROW Paris 2018
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Salut les cro-magnons !

« On est sortis de là avec une banane assez costaude ». « Là », c’était l’année dernière, à l’issue de la première édition du festival GROW.Paris — pour GRaphics On The Web —, racontée par ses papas Nicolas Barradeau et Nicolas Vanbremeersch (Spintank). C’est donc sans hésiter qu’ils ont remis le couvert en 2018. Un événement qui donne le smile, on fonce : Millie était à la seconde édition de cette grande fête du code créatif, elle vous raconte !

Prague a son Signal, Namur son Kikk, Belgrade son Resonate… et Paris ? Jusqu’à l’an dernier, la capitale n’avait pas d’évènement pour rassembler sa communauté de graphic coders, pourtant riche en talents et en énergies. Avec un camp de base déménagé du Tank à Ground Control, l’édition 2018 de GROW.Paris promettait de voir plus grand, mais surtout de rassembler un public plus large. Pari réussi : autour du coeur du réacteur (des workshops pour les pros), ont gravité pendant une semaine des curieux de tous âges et tous niveaux. Avec des dizaines de kids et étudiants, des internationaux venus de 10 pays, une quasi-parité au programme (40%), les organisateurs ont soigneusement veillé à ce que la convivialité soit de la party.

Une ambition pour GROW.Paris donc : consolider les bases de la communauté, la rassembler autour d’un langage et de valeurs communes.

[LE SUPPORT] Avec le code, on s’invente un nouveau crayon

« La technologie est super importante pour raconter des histoires. Le code est un nouveau type de crayon pour les écrire ». Derrière ces quelques mots d’Alexandre Brachet, fondateur de l’agence Upian, se cache le contexte tout particulier dans lequel la création se partage aujourd’hui. Comme support pour créer et diffuser ses web-documentaires, il tranche : Facebook ne sera pas la seule alternative à la télévision. Non, il est possible de s’inventer une copie blanche grâce au code. « Le code dit quelque chose à un moment donné » explique-t-il. Pour le web-documentaire sur Gaza-Sderot, Upian fait un pied-de-nez au réel en imaginant une interface qui facilite le passage d’un côté à l’autre de la frontière. Pour celui sur Alma, une ex-marera d’un des gangs les plus violents du Guatemala, ils imaginent un design qui oblige celui qui visionne à faire des choix, en écho à ceux qu’Alma a dû faire. Se libérer des grandes plateformes en codant soit-même son interface permet cela : choisir non seulement ce qu’on raconte, mais comment on le raconte.

[LES OUTILS] Avec le code, on apprend un/de nouveau.x langage.s

Code / code créatif : même combat ? « En fait, le code créatif c’est comme apprendre une nouvelle langue » explique Léon Denise, art coder venu du graphisme. En faisant se rencontrer la technique et le graphisme, le code créatif ouvre tout un domaine d’expression artistique – même si certains préfèrent parler de créativité. De fait, on parle rarement de la dimension créative du code ou de celle rendue possible par l’intelligence artificielle. À GROW.Paris, l’équilibre est largement rétabli avec l’intervention de l’artiste Mario Klingemann qui présente son nouveau langage à lui : la neurographie, soit la création assistée par réseaux neuronaux d’intelligence artificielle. Et quand on le questionne sur la récente vente à 430 000 euros du portrait d’Edmont Belamy, déclarée « première oeuvre créée par une IA vendue aux enchères », il répond que l’événement a eu le mérite d’amener l’intérêt sur la discipline.

[LA DISCIPLINE] Avec le code, on invente de nouvelles lois

« La seule limite du code créatif, c’est l’imagination » résume Nicolas Vanbremeersch. Alors, aucune limite, aucune règle ? Justement non, et le contournement des pratiques traditionnelles est même plutôt encouragé. Tatiana Vilela Dos Santos par exemple, propose, plutôt que de jouer avec une manette, de jouer avec les pièces qui sont dans le controller. Julien Dorra, lui, qui ouvre au public un « bac à sable » où chacun peut inventer des créatures avec des petits bouts de code : « Vous êtes libres de supprimer le code de votre voisin, ici rien ne vous interdit d’être un bad guy ». De fait, l’idée est plutôt d’apprendre une nouvelle manière de créer collectivement, d’inventer des règles communes. Même l’agence Merci Michel utilise des ressorts similaires pour ses campagnes : gamifier l’expérience utilisateur, c’est jouer sur les relations entre utilisateurs, créer de la frustration. « Sur un jeu pour l’une de nos campagnes, on a joué sur la gestion du stress en faisant apparaître les curseurs des autres utilisateurs ».

L’avantage quand on installe son événement dans une immense halle-à-manger comme Ground Control, c’est que l’offre de restauration n’est pas un problème. Les soucis, c’est aux visiteurs qu’ils reviennent : pas facile de choisir ! Italien, libanais, asiatique… à force d’hésitation, on confie notre faim à Mr Zhao et notre soif au caviste avant d’aller s’installer entre les festivaliers sur l’une des grandes tablées. Cheers!

La perspective isométrique

Pour tout vous dire, c’est une fausse nouvelle solution. Comme l’explique si bien Frederick Vanhoutte, la perspective isométrique ne date pas d’hier. À ses débuts, elle permet de donner l’illusion de la perspective sans avoir recours à la 3D. Selon votre âge, vous l’avez connu dans les premières versions des jeux vidéos Fallout, Little Big Aventure ou encore Pokémon sur votre gameboy. Rendue obsolète par la 3D, elle s’invite aujourd’hui plus que jamais dans l’art numérique.

Stéphane Allary

Aujourd’hui, l’appel à la prière est clamé par un jeune artiste parisien. Mais Stéphane Allary n’invite pas à n’importe quel type d’invocation. Sa prière moderne s’adresse aux trois icônes qui guident notre génération : il s’agit bien sûr de Facebook, Youtube et Snapshat, auxquels nous vouons une confiance aveugle. Au-delà de la pertinence de l’idée, c’est sa réalisation qui est à souligner : Stéphane Allary choisit de mélanger le digital et le tangible. Comment ? En créant trois chapelets dorés (à la main !) sur lesquels il va peindre les traces laissées par nos doigts à force de parcourir les trois réseaux.

Gagner sa vie

Le dernier né de la famille Upian s’attaque à la dure question du revenu universel. Comme à l’habitude, le chemin dans le web-documentaire est co-construit avec la participation de celui qui le visionne, sous forme de questions intermédiaires rapides qui orientent la progression. Mieux encore : les données présentées peuvent varier en fonction de la localisation de la connexion, pour offrir des données les plus pertinentes possibles et une expérience plus personnalisée que jamais.

Programmation pointue, workshops coûteux, têtes d’affiche spécialisées… en jetant un coup d’œil (trop) rapide au programme de GROW.Paris, on pourrait s’attendre à un événement au summum de l’entre-soi. Au contraire, les organisateurs ont pensé à tout, et surtout à tout le monde. En proposant un événement avec des programmes imbriqués façon poupées russes, le festival satisfait le noyau dur du public constitué des pros du secteur tout en adressant avec justesse les curieux, étudiants, et familles ayant fait le déplacement. Ce faisant, l’événement prouve mieux que jamais que l’univers du code est plus ouvert que n’importe quel autre. Chacun a ses propres codes, son propre vocabulaire, mais tout le monde partage.

Coming next!

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AUTHOR

Eline

All stories by: Eline