Newsletter Silex ID – Nantes Utopiales 2017
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Salut les cro-magnons !

Embarquement immédiat ! Du 1er au 6 novembre 2017, plus de 90 000 personnes sont montées à bord des Utopiales, le Festival International de Science-Fiction de Nantes. Le thème de cette année était le Temps. Pour cette édition, votre commandant de bord est Claire. 3,2,1, parés au décollage ?

Les Utopiales ont eu 18 ans cette année et ont rassemblé un public riche et varié autour de 160 tables rondes et conférences, 67 séances de cinéma, 10 expositions, une librairie débordante de romans, essais et bandes dessinées… Astrophysiciens, philosophes, auteurs, cinéastes, chercheurs étaient maîtres à bord pour cultiver l’interdisciplinarité.

Le thème du Temps a donc été abordé sous toutes ses coutures pendant 5 jours pour analyser le passé et le présent, pour imaginer l’avenir, pour rêver d’un ailleurs, pour réfléchir à travers de multiples prismes. Tant de réflexions passionnantes que vous êtes obligés d’y accorder un peu de temps 😉

Côté conférence, il y en avait tellement que j’aurais aimé avoir un clone, voire même être augmentée pour pouvoir apprécier au maximum toute la richesse des réflexions. Plus qu’un récap prêt à emporter, je vous propose plutôt ici de prendre le temps de vous poser des questions, car c’est aussi ça les Utopiales, un événement autour de la science fiction et de la prospective. Voyage dans le temps, c’est parti !

[Take Your Time] « Je n’ai pas le temps. » Ah bon ?

« Qu’est-ce donc que le temps ? Si personne ne me le demande, je le sais ; mais si on me le demande et que je veuille l’expliquer, je ne le sais plus. »  Saint Augustin, 4è siècle après J.-C. 17 siècles plus tard, nous comprenons encore ce que ce philosophe a écrit alors même que le monde a connu de multiples changements. Le temps est resté même, il pose toujours autant de questions, il revêt beaucoup trop de définitions et de significations pour un seul mot : mouvement, changement, simultanéité, devenir. Dans nos sociétés contemporaines et digitalisées, il est d’ailleurs très souvent employé dans cette phrase : « je n’ai pas le temps ». Au micro, le philosophe Étienne Klein, nous démontre que le mot est abusivement utilisé pour dire : « je ne suis pas libre ». Le temps, en passant, contraint l’emploi du temps et par extension la possibilité d’être disponible pour faire une chose au même moment qu’une autre. Je ne sais pas pour vous, mais moi ça me fait réfléchir au sens de cette phrase que je n’utiliserai plus à même escient.

[Neurosciences] La mémoire nous fait-elle voyager dans le temps ?

Des souvenirs aux projections, la mémoire ne cesse de nous faire faire des allers-retours entre le passé, le présent et le futur. Véritable moyen de transport, Francis Eustache chercheur français en neuropsychologie et en imagerie cérébrale nous explique que la mémoire du futur est plus importante que celle du passé. Par exemple : « le matin, on pense à ce que l’on va faire dans la journée, nous sommes dans la prospective, tournés vers l’avenir et alimentés par les événements passés ». 
Revenant sur le 11 septembre 2001, il explique qu’au contraire, lorsqu’une rupture intervient au niveau du cerveau, la mémoire se tourne vers le passé. Certains éléments s’impriment alors et l’émotion amplifie l’encodage général. Le souvenir traumatique appartient alors au présent car le passé revient sans cesse.
Maintenant, prenez un instant et repensez à quelque chose de positif. Vous y êtes ? Sachez qu’un souvenir disparaît un peu, nous en gardons des éléments, il forge ensuite l’évolution.

[IA] Quelle relation l’Homme entretient-il avec les machines ?

Nous travaillons de plus en plus avec les machines et le développement de l’intelligence artificielle va encore accentuer cette relation. Mais le fait-on convenablement ? En quoi le temps est-il une variable intéressante à étudier ? Nous humains, construisons nos relations avec ces machines sur la maximisation de la puissance et du profit. Une vision qui finalement les rend esclaves et qui, par effet de bord, nous rend à notre tour aliénés.
Hartmut Rosa, philosophe allemand, a été cité pour aborder la question de l’accélération du temps et de la pénurie temporelle. En effet, nos sociétés modernes fractionnent, fragmentent, détruisent l’épaisseur du temps. Nous avons peur que nos vies soient creuses, alors nous les remplissons sans cesse et laissons peu de place aux vrais loisirs, aux vides pourtant propices à la quête de sens. Sommes-nous vraiment libres lorsque l’interruption n‘existe pas ? Nous ne devons pas singer les machines, mais plutôt se réapproprier le temps. Nous devons éviter de vivre seulement dans les micro-instants pour enfin apprécier à nouveau l’esthétique du temps qui passe. À bon entendeur.

Bon, ici, pas de food-trucks hipster (que j’adore au passage) mais des sandwiches. Parfait pour ne pas perdre une miette des conférences qui s’enchaînent sans interruption. Rien de bien foufou, mais le gobelet brandé me ravit (oui, je sais, c’est étrange ;-)).

L’illustration mise à l’honneur 
Laurent Durieux est un illustrateur belge qui a toujours rêvé de créer des bandes-dessinées. Son univers créatif aux traits tantôt futuristes, tantôt vintage lui confère une renommée certaine. Ses affiches de cinéma telles que les dents de la mer, Pulp Fiction ou encore Le Parrain s’arrachent désormais dans le monde entier et les collectionneurs les conservent précieusement. Cette année, il signe de sa patte l’affiche des Utopiales. Une occasion pour l’événement de mettre en avant ses œuvres au travers d’une belle exposition.
À lire !
Chaque années, Les Utopiales sortent un livre composé de nouvelles de science-fiction : « L’anthologie officielle ». Cette année, le thème du temps a inspiré de nombreux auteurs. Plongez dans le vif du sujet en voyageant dans le futur ou encore en faisant travailler votre imagination au fil des pages et des histoires.
L’IA a encore du chemin à faire…
« Il n’y a pas encore à ce jour d’intelligence artificielle qui a la capacité de n‘importe quel être humain qui est de gérer la complexité de notre quotidien. » Olivier Parent , prospectiviste, éditorialiste chez Silex ID.
Le débat est lancé. De quoi animer votre réveillon 😉

Atterrissage imminent. L’heure de la conclusion est arrivée. Quel voyage ! Je n’ai même pas eu le temps d’assister aux nombreuses projections de films tellement le programme était dense. Quoi qu’il en soit, c’est la troisième fois que je me rends aux Utopiales et comme d’habitude, j’en ressors pleine de réflexions et d’enthousiasme. Au-delà du contenu vraiment passionnant, j’ai l’intime conviction du bien-être procuré par l’exploration d’événements en dehors de ses zones conforts.

Coming next!

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Eline

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