Newsletter Silex ID – Tech Open Air 2017
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Parce que l’été n’est pas tout à fait fini, Event Reporter vous propose de faire un petit flash back pour vous emmener à la 5e édition de Tech Open Air (TOA), le festival tech autoproclamé « le plus cool » (forcément), qui avait lieu mi-juillet à Berlin. Et qui dit Berlin, dit évidemment cette petite dose de hype qu’on ne retrouverait pas en d’autres lieux : comme chaque année, l’équipe de 600 bénévoles en chemises hawaïennes nous donne rendez-vous au Funkhaus, l’ancien complexe radiophonique de la RDA construit en 1951 au bord de la Spree. On y parle tech mais les pieds dans l’eau et une bière à la main. Si avec ça, TOA ne vous en met pas plein les yeux… 

De la musique, de l’art, des sciences, de la tech, il y a un peu de tout à TOA et c’est en fait bien l’objectif recherché. Créé en 2012, le festival poursuit une logique interdisciplinaire afin de faire émerger des idées à la croisée de mondes qui ne se parleraient pas suffisamment. Concrètement, cela donne plus de 210 intervenants qui se relayent pendant 2 jours sur les 8 scènes de conférence indoor et outdoor, des concerts extérieurs, des performances dans la galerie dédiée… Mais aussi plus de 200 événements « satellites » allant de l’impression 3D au yoga en rooftop (sic) que TOA coordonne avec ses partenaires à travers la ville. Fort de son succès, TOA commence déjà à faire des petits et sera en octobre à LA, en février au Cap et en avril à Tokyo. Mais avant de commencer à booker frénétiquement nos billets, voyons déjà ce que Berlin nous a réservé de plus cool !

CE QU’IL FAUT RETENIR

Les conférences qui m’ont marqué, les voici :

  • Le moment « wahou » de TOA ! 
    On retiendra incontestablement la conférence de Rebecca Roth, Imaging coordinator & social media specialist au Goddard Space Flight Center de la NASA. Ancienne photo-journaliste au National Geographic, elle y décrit le « job de ses rêves », celui de sélectionner, diffuser et populariser les meilleurs clichés de l’agence spatiale, au service des missions d’éducation et d’information de la NASA.  En tant que principal centre de gestion des télécommunications spatiales, Goddard est effet un véritable hub centralisant toutes les images produites par les missions scientifiques en cours : des images satellites bien sûr provenant des quatre coins de l’univers, mais aussi des images de photographes embarqués dans l’espace ainsi que des animations où les photographes sont pleinement impliqués auprès des scientifiques pour recréer, matérialiser et visualiser un phénomène. Mais au-delà des coulisses du métier, c’est bien le pouvoir des images qui a véritablement emporté l’assistance. Comme celle de la formation d’une nouvelle étoile par la sonde Hubble, celle montrant pour la première fois un orage débuté il y a 350 ans à la surface de Jupiter par la sonde Juno, ou encore celle recréant le mouvement d’une éruption solaire en 5 étapes. Un petit conseil, sauf si vous êtes encore attachés au bon vieux Flickr, abonnez-vous dès à présent à l’instagram de la NASA pour suivre les dernières images spectaculaires de l’éclipse du 21 août !

 

  • Gare aux effets oligarchiques de la blockchain
    Garantir la confiance des acteurs dans la technologie aura vraiment été un thème fort de cette édition 2017 et l’intervention de Gavin Wood sur la blockchain en est peut-être la meilleure illustration. Co-designer d’Ethereum, un protocole informatique d’échanges décentralisés (ie une blockchain) permettant de créer des contrats intelligents sans fraude ni intermédiaire, il récidive en 2016 avec la rédaction du protocole Polkadot permettant d’interconnecter des blockchains au sein d’une seule infrastructure sécurisée (ie un réseau multi-chaines). OK, dit comme ça, on peut rapidement être perdu. Mais le plus intéressant dans son propos, c’est l’analyse qu’il fait de l’impact de la blockchain en termes de transformation sociale. Pour lui le web actuel conjugue deux problèmes majeurs : l’information qui circule n’est pas complète ni vérifiée et la plateforme nécessite des intermédiaires pour valider des transactions et n’est donc pas transformative d’un point de vue socio-économique. Pour résumer l’idée, « personne ne ferait confiance aujourd’hui à une autre personne rencontrée en ligne il y a moins de 10 minutes ». La blockchain promet certes de résoudre ces problèmes de confiance et d’intermédiation mais soulève une autre problématique liée aux effets monopolistiques des réseaux. Abandonner les multiples intermédiaires au profit d’une seule et unique blockchain impliquerait d’accéder à une bulle « maximaliste » et donc d’accepter l’émergence d’une élite oligarchique de la blockchain. La seule alternative est, pour Gavin Wood, d’anticiper ce phénomène et de créer dès à présent un grand réseau interconnectant les différentes blockchains privées et publiques et éviter ainsi leur fonctionnement en silo.

 

  • Repenser le design de la voiture connectée
    La thématique de la voiture autonome est riche, et la présentation de Gadi Amit ne sera pas la dernière en la matière. Fondateur de New Deal Design et à l’origine de best-sellers comme FitBit, Gadi Amit se distingue encore par de nouveaux projets fondés sur un principe intangible :  la technologie aussi efficace soit-elle doit s’adapter à l’humain par le design. Dans le domaine de la voiture autonome, son analyse part d’un constat : loin de décongestionner les villes, un système généralisé tel qu’imaginé aujourd’hui pourrait se montrer inefficace et contre-productif. Alors que certaines études suggèrent que la voiture autonome pourrait amplifier l’extension urbaine en périphérie, « aucun business model ne pourrait soutenir la livraison généralisée de marchandises ou le transport de particuliers sur d’aussi longues distances ». Son idée est d’exploiter le temps et l’espace disponible pendant le temps où la voiture autonome roule afin d’optimiser le nombre de trajets. Dans son projet Autonomics, il imagine ainsi un petit drone, le « Leechbot », venant s’accoler et se synchroniser à la voiture pendant que celle-ci se dirige à domicile et pouvant y déposer directement le colis commandé avant de s’en détacher pour rejoindre sa « service zone ». Avec ZoomRoom, il va un cran plus loin et imagine un espace de vie roulant alimenté par drones en services et produits. L’être humain ne serait alors plus dépendant des infrastructures et donc des trajets associés mais organiserait sa vie en hub, décidant à l’envie en réunissant d’autres ZoomRooms de créer des villages périphériques ad-hoc pour socialiser selon ses envies. Si ces solutions restent pour le moment de l’ordre de l’utopie, il est important pour Gari Amit que les utilisateurs restent au centre des technologies que nous inventons.

Focus Déj

Forcément, avec tout ce que je vous ai déjà dit sur Tech Open Air, vous vous attendez déjà à me voir parler de l’armada de foodtrucks spécialisés en bo-bun, pulled pork, pad-thaï et … vous avez raison ! Résistant héroïquement à l’appel du burger, j’ai pourtant décidé le premier jour de faire local et de m’attaquer à une portion de Käsespätzle accompagnée de son Weisswurst. Bref en réalité l’équivalent d’un hotdog et d’un mac&cheese sauce allemande, fait de pâtes aux œufs (le fipranol n’était pas encore passé par là…), de ciboulette et d’oignons caramélisés. Si vous y tenez vraiment je vous donne la recette mais sachez qu’à la différence de mes voisines de Zalando, j’ai trouvé le tout un poil écœurant. Ni une ni deux, le lendemain je me vengeais sur un bon burger au pulled pork.

TAKE AWAY

WORK IN PROGRESS

Vous l’avez sur le bout des lèvres mais pourtant impossible de vous rappeler le titre ou l’artiste ? Interrogé par l’assistance, Richard Sharp le CTO de Shazam l’a confirmé, ses équipes travaillent à la possibilité de shazamer son propre fredonnement. Pour l’instant, la technologie ne permet de reconnaître que des musiques pré-enregistrées mais il pense qu’une solution est à portée de main. Parmi les développements récents de l’app qui cumule désormais le milliard de téléchargements, elle veut aussi se faire une place sur l’écran de TV en intégrant depuis quelques jours les Samsung Smart TV. Mais ça aussi, Richard nous l’avait annoncé en avant-première !

LE CHIFFRE CLE

50%, c’est la part que représenteraient les formats audio, visuel ou video dans nos communications via les plateformes sociales (Whatsapp, Messenger…). Cette donnée traduit, selon James Fabricant fondateur d’Emoticast (GIFs musicaux), une transformation plus profonde de la communication en général, de moins en moins parlée et de plus en plus distante et écrite : pour palier l’absence de parole, les images, émoji et autres GIF sont autant de petits « hacks » venant exprimer une émotion de manière directe et synthétique.

WHO’S THAT GUY

Nommé par Forbes dans son classement 30 under 30 et promu Global Shaper au Forum de Davos, Alvin Carpio s’est fait connaître par son investissement contre la pauvreté et pour la justice sociale au Royaume-Uni, notamment pendant les émeutes de 2011 dans son quartier de Londres (son portrait en vidéo ici). En 2016, il fonde The Fourth Group, une communauté globale de 1500 membres pour réfléchir à la manière de transformer la politique à l’aube de la quatrième révolution industrielle. Pour lui le développement des nouvelles technologies impose de redéfinir le contrat social au niveau mondial et de promouvoir un agenda global pour mieux intégrer les nouvelles attentes éthiques, sociales et économiques des citoyens. Cela passe par la création de nouvelles institutions fondées sur la participation, la data et l’intelligence artificielle afin d’automatiser le changement. On peut être sceptique mais si cela vous intéresse, il est possible de rejoindre leur groupe à Paris.

En relisant tout ce que je vous ai rapporté, difficile d’ajouter des bémols à l’impression générale qui s’en dégage. Le lieu est cool, assez magique même, la programmation est riche et multiple, les intervenants souvent surprenants et il est quasi impossible de s’y ennuyer. Pourtant, si je devais résumer mon sentiment en une phrase, Tech Open Air c’est un peu le « We Love Green de la tech » : à trop miser sur l’ambiance, la quantité d’activités et l’expérience on en vient à négliger les conférences et l’homogénéité des interventions. Au-delà des quelques grands noms de la tech, difficile de se retrouver dans le maquis d’intervenants, dont le propos très général ou commercial est parfois en décalage avec l’ambition du thème de la conférence. Pas de mégardes néanmoins, en 2018, j’y retourne ! 

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Eline

All stories by: Eline