Newsletter Silex ID – USI 2019
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Salut les cro-magnons !

Nous revoilà pour couvrir l’un des events les plus riches sur l’innovation ! Une nouvelle fois l’USI (Unexpected Sources of Inspiration) a su rassembler du beau monde au Carrousel du Louvres malgré la chaleur étouffante de la capitale. On suit Éline qui a bravé la canicule pour nous raconter ce qu’il se trame chez les innovateurs experts.

Encore une belle année en perspective pour l’innovation ? Pas frocément ! Ici, les avis étaient plutôt partagés. Certains experts soulevaient des points d’inquiétude et d’autres des points inquiétants. En tout cas, la plupart a respecté le pourquoi de l’USI en parlant de choses inspirantes.
Une nouveauté : des sujets certainement plus terre à terre, plus en phase avec une actualité faite de révoltes civiles, de désabus politique (il semblerait qu’il y ait un lien), de réchauffement climatique et j’en passe ! Nous avons donc parler Terre, Mer, animaux sauvages, démocratie malade, mouvement des gilets jaunes et évidemment d’innovation avec ses grandes victoires.

[DEMOCRACY] La démocratie, malade ?

Voilà qu’à l’USI, nous parlons politique. En effet, après une année chargée d’Histoire, Marcel Gauchet, philosophe et historien revient sur le mouvement des Gilets Jaunes et fait un parallèle avec la révolution française. Il nous explique que c’est sans doute « le prestige tacite de cette inspiration du passé qui a dicté la sympathie avec laquelle le mouvement a été accueilli » (au moins dans un premier temps). Et pour cause, comme le disait Robespierre en son temps : « Quand le gouvernement viole les droits du peuple, l’insurrection est pour le peuple le plus sacré et le plus indispensable des devoirs ». À croire que le siècle dernier n’a jamais existé. La grosse différence en revanche entre maintenant et avant, c’est le refus de la société de cette représentation en classes de la révolution française. Et voilà d’ailleurs pourquoi, toujours selon Marcel Gauchet, les Gilets Jaunes ont refusé de se substituer au pouvoir, incapable de représenter une si grande diversité. Cynthia Fleury, Professeure au CNAM, tire également la sonnette d’alarme et prend le parti de faire un parallèle entre la santé psychique des individus et la santé de la démocratie. Les individus sont à l’origine de l’État de droits. S’ils vont mal, le ressentiment grandi et il est alors difficile de mettre en place un État de droits. L’objet de l’État de droit c’est de trouver les outils pour que le ressentiment ne prenne pas le pas (ce sur quoi il aurait échoué selon Cynthia). La réponse à cette crise serait alors de revenir à la question : Qu’est-ce que le souci de soi ? Si on va mieux, notre démocratie aussi ! Et ce serait aussi de déconstruire l’architecture de la société dictée par les réseaux sociaux où le « non » du père a été remplacé par le « non » des pairs. À méditer !

[BIOTECHNOLOGY] Parents don’t matter

Tous les êtres humains partagent 99% de leur ADN. Et pourtant, selon Robert Plomin, Professeur à l’Institut de Psychiatrie, Psychologie et Neurosciences du King’s College, les 1% qui diffèrent détermineraient à 50% ce que l’on est. En effet, pour ce qui est des comportements et de la réussite scolaire (qu’il lie aux capacités cognitives), il nous explique qu’ils sont prédictibles. L’ADN primera par exemple à l’école car l’enfant prédestiné à réussir arrivera à adapter son environnement éducatif pour en tirer le meilleur. Ses études sont basées tout d’abord sur des jumeaux/jumelles puis se sont dirigées vers les enfants grandissant avec leurs parents génétiques et les enfants adoptés. Il semblerait alors que les enfants élevés par leurs parents génétiques évoluent de la même manière tandis que les enfants adoptés évoluent différemment de leurs parents adoptifs… Sa conclusion sera de dire que si, les parents comptent, mais ils n’influent pas sur le comportement de leurs enfants. Si ce sujet vous passionne, libre à vous de vous procurer son livre : BluePrint: How DNA makes us who we are parus aux éditions Penguin Books Ltd.
Déterminisme, penserons certains. Non, selon Robert ce serait une motivation pour prévenir ce qui va arriver et s’y préparer (parce que ça marche aussi avec les maladies, si vous voulez tout savoir).

[ASTRONOMY] Mais où est la planète 9 ?

Nous avons eu l’immense joie de rencontrer Konstantin Batygin, jeune astronome russo-américain et professeur adjoint de sciences planétaires à l’Institut de technologie de Californie Caltech et l’un des deux fondateurs de la théorie d’une 9ème planète. Pendant longtemps, le système solaire semblait s’arrêter à Neptune, considérée comme étant la planète du système la plus éloignée du Soleil. Et pourtant, à la limite de ce que l’on connaît du système solaire, la Kuiper Belt (ceinture de Kuiper pour nous, français) a été découverte. Certes, ce n’est pas une planète, cette ceinture est composée de débris de glace mais elle nous révèle pourtant beaucoup sur notre système solaire car ils se trouvent dans l’orbite de Neptune mais pas seulement. Et alors, direz-vous ! Et alors, il semblerait qu’une autre force plus éloignée s’exerce. En 2003, Sedna (un objet transneptunien du Système solaire) a été découverte et cette fois, il est clair qu’au lieu d’obéir aux lois gravitationnelles que l’on connaît du système solaire, elle suit une autre influence ! Idem pour Biden (autre objet transneptunien du Système solaire), découverte plus tard. Et surprise, ces orbites atypiques pointent toutes dans la même direction ! C’est là que rentre en jeu la Planète 9 qui serait la cause de ces découvertes inexplicables autrement. D’après l’influence exercée, la planète devrait être plus grosse que la Terre mais moins grosse que Neptune. Malgré de super télescopes capables de la trouver, ce n’est pas encore chose faite. Bref, astronomes qui nous lisez, soyez indulgents, l’astronomie n’est pas une science aisée. Pour être sûr de ce que je raconte, allez les écouter vous-même !

Nous voilà sous 35 degrés (à la louche, très chaud en somme) en train de déguster nos paniers repas composés de sandwiches en tout genre, jus, pop-corn au citron… Comme chaque année, le déjeuner se déroule au jardin des Tuileries dans un espace privatisé et décoré en mode festival bobo (tout est bois et parasols blancs) qui est, avouons-le, plutôt sympa en plein Paris !

Raffaello d’Andrea, un grand pas pour le divertissement

Après en avoir beaucoup entendu parler, nous avons enfin rencontré Raffaello d’Andrea et ses fameux drones (avec un show en live en prime !)!  Pendant une heure, il nous présenta plusieurs des projets sur lesquels il a travaillé ou travaille avec ses étudiants à savoir l’omnicopter, un drone capable de rattraper une balle en l’air, une chaise robot capable de s’assembler seule (fini les casse-têtes d’Ikea !) et j’en passe pour en arriver à son utilisation des drones dans le divertissement avec Verity Studios qui apprend aux drones à danser pour le Cirque du Soleil notamment (à voir ici), pour Drake (ici) et bientôt pour ravir les fans de Hockey à la façon des matchs de Quidditch dans Harry Potter (la 27ème seconde pour être précise sera bientôt une réalité).

No water, no life, no green

C’est avec Sylvia Earle, océanographe renommée que nous apprenons à redécouvrir notre Terre et les océans qui la traversent avant de chercher une autre planète à appeler « maison ». Durant une heure, Sylvia Earle nous dépeint la beauté et la complexité des océans et de ses habitants dans un talk très inspirant. Il est très facile de parler d’Histoire en s’arrêtant à l’Histoire de l’Homme sans penser aux microbes, à l’origine de toute vie sur Terre. C’est dans cette étendue bleue de 4kms de profondeur en moyenne que vit la plus grande diversité (97% des espèces sont dans les océans) et le plus grand nombre d’êtres vivants. Ça a pris quelques millions d’années pour développer des espèces sur Terre et quelques dizaines pour en décimer beaucoup. Alors son conseil serait de réfléchir à ce que ces espèces nous apportent lorsqu’elles sont en vie, plutôt que de penser à ce qu’elles nous apporteraient mortes. Sachez que les océans ne sont pas « too big too fail », eux. Pour voir son interview lors de l’USI, c’est par ici !

Ne jamais dire jamais

J’imagine que beaucoup d’entre vous le connaisse, mais je voulais en parler malgré tout, c’est Hugh Herr, grimpeur, ingénieur, biophysicien américain enseignant au MIT. Après avoir passé plusieurs jours coincé dans la glace, ce grimpeur émérite se fait amputer des demi-jambes. On lui annonce qu’il ne pourra plus jamais grimper. Impossible. Il travaille alors sur des jambes bioniques qui lui permettraient de poursuivre sa passion. Il créé avec le MIT le Center for extreme bionics avec lequel il créera des prothèses capables de repérer les mouvements des muscles de la jambe grâce à une puce posée dessus qui permet d’envoyer des signaux au cerveau afin d’enclencher le mouvement souhaité. Après avoir travaillé pour les amputés, Hugh Herr travaille aujourd’hui sur l’exosquelette pouvant permettre aux paralysés de marcher de nouveau en contrôlant l’action de l’exosquelette. Conférence inspirante que vous pouvez retrouver en Ted, ici. Et pour avoir la fin de l’histoire, il est aujourd’hui capable de grimper des voies impossibles pour de simples humains.

L’édition 2019 nous a encore réservé de belles surprises avec des personnalités assez exceptionnelles ! Et pourtant cette édition était également très différente de par sa teneur politisée et climato-alarmiste, ce qui semble finalement plutôt en cohérence avec l’actualité. Toutefois, il y a également eu quelques ratés (ce n’est que notre avis) avec des conférences très à l’américaine et paternalistes. Rien qui nous empêche de venir l’année prochaine quand-même !

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AUTHOR

Eline

All stories by: Eline