Newsletter Silex ID – We are museums 2017
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Pour sa cinquième édition, We Are Museums nous accueille à Riga, capitale de la Lettonie. Au programme : deux jours de conférences, de panels et de workshops pour faire bouger les frontières de la culture et inventer le musée de demain, et un jour bonus Tech loves culture où les start-ups sont mises à l’honneur. Envoyée spéciale pour Silex ID, Claire-Emilie nous fait revivre cette conférence unique en son genre.
C’est au sein du cœur culturel de Riga que tout se passe, entre le centre historique et son fameux quartier art nouveau. Pendant trois jours, le Latvian National Museum of Art, l’Art Academy of Latvia et le Kanepes Culture Center accueillent une vingtaine de start-ups, quarante intervenants et plus de 300 participants du monde entier (mais principalement d’Europe quand même). L’objectif revendiqué par la fondatrice de l’évènement, Diane Drubay, définie par la Tribune comme la « grande prétresse des néo-musée » : permettre aux artistes, aux musées et aux start-ups qui disruptent le monde de la culture de se rencontrer (tout simplement). On y aborde les questions du futur des musées, de l’effort mis sur la participation des visiteurs, des nouveaux modes de fonctionnement et des attentes de la génération Z, de la création de contenu par les utilisateurs et de l’art en ligne. Les discussions sont sans langue de bois, les participants partagent leurs bonnes pratiques, expérimentations ou difficultés ouvertement et les échanges se prolongent à la pause déj.

CE QU’IL FAUT RETENIR

Voici les conférences qui ont retenu mon attention :

  • Comment attirer la génération Z dans les musées ?
    La gen Z est sur toutes les lèvres, tout le monde s’inquiète de savoir comment attirer cette génération de screenagers apparemment peu intéressée par les musées. Kristaps Silins, associé et stratégiste à White Label démonte les clichés bien ancrés sur les jeunes : non ils ne sont pas insensibles à la culture, mais ils sont exigeants sur les sujets qu’on leur propose et la manière de les traiter. C’est ce qui a poussé Tony Guillan, producteur d’Engagement du Public, à l’Imperial War Museum à Londres, à casser les barrières entre les différents départements programmation, marketing, communication, IT, pour offrir des expériences pensées dès leur conception pour répondre véritablement aux attentes de leurs audiences. Le résultat : un navire de guerre qui se promène sur la Tamise, ou encore la reconstitution d’une tranchée de la première guerre mondiale. Animé par la même envie, le Tate Museum fait appel aux véritables experts du sujet : les jeunes eux-mêmes (simple, mais qui y avait pensé ? et encore plus, mis en œuvre ?). Sélectionnés parmi différentes communautés et milieux sociaux, y compris des exclus du système scolaire, ou encore sous la tutelle de l’état, ces jeunes ont carte blanche pour attirer leurs pairs au sein du musée. Ils font venir des artistes, organisent des concerts et bousculent l’image sérieuse et rétrograde du musée avec des animations digitales de tableaux ou des expositions qui mettent à l’honneur le travail de jeunes artistes. Comme le dit Peter B. Kaufman, “We are all in the attention business and we have to play to win.”
  • Plus de partage !
    Avec un peu de retard, le digital envahit le monde des musées : outil de diffusion de la culture (la plateforme Europeana partage les versions digitales libres de droit de milliers d’œuvres d’art), d’information du public (la start-up Culturaliv recense les expositions temporaires du monde entier), d’interaction avec les audiences (le musée Olympique à Lausanne propose dans un serious game à ses visiteurs de se mettre dans la peau de Pierre de Cobertin pour choisir le lieu de construction du prochain stade avec des contraintes d’environnement, d’intégration sociale…) ou forme d’art à part entière. Le digital se fait désormais une place à côté des plus grands noms. Milja Liimatainen nous dévoile la collection d’art entièrement digitale du Musée d’Art Contemporain Kiasma à Helsinki, Ars17+. Le digital sera-t-il le 8e art ?
  • Le féminisme creuse sa place dans l’art. Incroyable mais vrai, le Women’s Museum au Danemark est le premier musée au monde dédié au féminisme et à la question du genre. Basé sur un institut de recherche sur la femme et les différences sexuelles, il partage les objets “honteux” de la lutte pour les droits des femmes, comme les anciens appareils utilisés avant la légalisation de l’avortement. Pour aborder ces questions sérieuses, le musée mise tout sur le fun : des dîners-cours de cuisine pour les hommes, un arbre à soutien-gorges complété par les visiteurs eux-mêmes, des ateliers pour enfants, des pique-niques musicaux le week-end… Je ne sais pas pour vous, mais si j’ai l’occasion de voyager au Danemark, je suis curieuse de découvrir ce musée hors du commun !

FOCUS REPAS

Après une lunchbox avalée rapidement, tout le monde est content de se retrouver le soir pour partager un repas au cœur de Riga, dans le Berga Bazar… Dîner pas vraiment typique mais chaleureux, avec des participants rencontrés au fil de la journée.

TAKE AWAY

 

START (ME) UP

Mash Machine, DJ d’un jour…
Leur motto : « Make your event rock ». Mash Machine est aussi simple que jouer aux Lego : des extraits de basse, de voix, de mélodies et de batterie sont synchronisés à différents blocs. En les posant et en les déplaçant sur la surface du Mash Machine, ils se combinent, se remplacent, se complètent, et font danser l’audience. Bonne ambiance garantie !

WORK IN PROGRESS

L’art à portée de tous

SprayPrinter transforme tous les apprentis artistes en taggeurs de talent. À l’aide d’un capteur connecté fixé au bout d’une bombe de peinture, l’utilisateur est capable de reproduire sans effort (mais avec un peu de patience) une image enregistrée dans l’app. La première version vendue sur Kickstarter laisse un peu à désirer, mais une deuxième génération est déjà en cours de conception. (Vous vous demandez bien ce qu’est censée représenter cette peinture… Pour voir le résultat, c’est ici).

WHO IS THAT GIRL?

Desi Gonzalez, directrice de l’engagement digital du Musée Andy Warhol à Pittsburgh

… et à l’initiative de l’app Out Loud, un audioguide inclusif conçu notamment pour (re)donner accès au musée aux aveugles et malvoyants. Qui a dit que les aveugles ne pouvaient pas apprécier un tableau ?

Après une dernière journée un peu moins bien organisée que les premières (les stands de start-ups finissent tout juste de se monter en fin de matinée), We Are Museums se termine sur un live show de MMMM que je n’aurai malheureusement pas le temps d’apprécier, je dois reprendre mon avion. Mais le programme continue avec une série de conférences prévues à Paris dans les prochains mois, sur des thèmes tels que “Les musées ne sont pas neutres” ou encore “Les musées sont les entrepreneurs de demain”. Si les conférences proposées n’avaient pas toujours un niveau égal, We Are Museum reste un bel évènement qui montre que la tech et l’innovation ont tout à fait leur place dans le monde des musées.

COMING NEXT

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AUTHOR

Eline

All stories by: Eline