Alors, le SxSW, c’était comment ?
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Tous les ans, le monde de l’innovation et des nouvelles technologies se retrouve à Austin au festival South by Southwest, pour une petite semaine de conférences, tables-rondes, meet-ups, rencontres et bien sûr de soirées, sous le soleil et la chaleur du Texas ! Découvrez le récap des aventures de Dan & Matt de Silex ID

Part 1 : du râteau de Barack Obama à Minority Report

Pour ce premier jour de la trentième édition du festival, les organisateurs du South By Southwest ont vu les choses en grand : Barack Obama s’est rendu en personne à Austin pour une interview exclusive dans laquelle nous avons appris tout un tas de choses, notamment que Mr. President s’est arrêté chez Torchy’s pour manger des tacos avant de venir – et ça, c’est quand même bon à savoir !

 

Plus sérieusement, Barack a brillé de par son charisme habituel, et même s’il a été évasif sur l’affaire qui oppose actuellement Apple et le FBI, il a donné un avis assez tranché sur la question du cryptage des données personnelles (« There has to be some concessions to get into that information »), et a aussi, non sans humour, pointé du doigt l’importance de donner aux gens la possibilité de voter plus facilement (« It’s easier to order a pizza than vote. How do we redesign our systems so we don’t have 50% voter participation? »).

Bref, nous avons eu affaire à un @POTUS détendu et captivant, comme d’hab. Bon, je vous dis ça même si l’équipe de Silex ID a du rester à l’extérieur de la salle, recalée à l’entrée par le service de presse de la Maison Blanche. Sérieusement, nous ne sommes pas encore assez connus mondialement ? #WTF!!!

Mais ce n’est pas bien grave, le râteau de Barack nous a permis de découvrir tout un tas d’autres conférences passionnantes, notamment celle sur l’avenir des médias, où Ben Lerer, CEO du site lifestyle Thrillist, nous a expliqué que selon lui, le « change of technology » dans les médias revenait régulièrement, et provoquait à chaque fois un changement dans le comportement des utilisateurs, entraînant de massives opportunités de business.

Et si on codait les émotions ?

Direction l’Intelligence Artificielle ensuite, avec Douglas B. Lenat, CEO de Cycorp, qui travaille depuis une trentaine d’années sur la thématique. L’interview long-form arrive bientôt sur le site, tenez-vous prêts à quelques révélations fascinantes sur ses travaux (« Il est possible de coder les émotions »), et le fait que selon lui un scénario comme Her ne soit pas éloigné tant que ça de la réalité dans laquelle nous vivrons dans quelques années. Nous avons aussi eu la chance de rencontrer Jeff Hurst, Chief Strategy Officer de HomeAway (plus d’infos dans notre magazine #07 prévu pour le début de l’été).

En fin de journée, Matt a vu une excellente conférence de John Underkoffler, l’homme à l’origine de l’interface g-speak, technologie révolutionnaire qui permet de passer un fichier d’un device à un autre exactement comme dans Minority Report. Ce n’est d’ailleurs pas un hasard, Spielberg était à l’époque allé recruter Underkoffler et son équipe au MIT pour qu’ils l’aident à designer l’interface que l’on voit dans le film ! Là aussi, l’interview arrive très prochainement…

minority

Part 2 : où l’on découvre CRISPR, les ciseaux de l’ADN

Après la grosse cuite du premier soir et quelques bons burgers histoire d’éponger, le samedi matin a commencé par un excellent panel mettant en lumière les possibilités fascinantes de la technologie CRISPR, enzyme qui permet de couper l’ADN tels des ciseaux, et donc d’éliminer, à terme, des maladies comme Alzheimer. Comme le dit le fondateur de DesktopGenetics Edward Perello, « You can think of it as a copy-paste or find-and-replace for genes ». Pas mal non ?
Matt de son côté est allé écouter les start-ups américaines pitcher pour le SxSW Accelerator. Soyez rassurés, les entrepreneurs pitchent de la même manière des deux côtés de l’Atlantique !

Raconter les choses autrement

Cette session nous a permis de découvrir Clone TV, Deeme, Maestro et surtout Hearken, dont la baseline « A new paradigm for storymaking » est plutôt alléchante : en gros, c’est une solution pour journalistes qui permet d’intégrer le retour des lecteurs avant même que les articles soient finalisés, soit d’engager le public dans le travail éditorial.

Du storytelling encore et toujours avec la keynote de Dr. Brené Brown, qui a illuminé la Ballroom D (près de 2000 personnes) avec un talk enjoué dans lequel elle a rappelé l’importance de l’échec. « There is no innovation or creativity without failure ».

Et dans le même esprit, on peut citer la présentation de la prochaine saison de Silicon Valley « Making the world a better place », qui surfe sur l’énorme succès de la série, et nous a permis d’en savoir plus sur les coulisses de ce projet plaisant qui jette (enfin) un œil un peu critique sur les boîtes de la Valley. Bon ça reste un peu lisse et américain, mais quand même… Pour ceux qui ne l’ont pas encore vue, la saison 1 est un must !

 

Part 3 : où l’on découvre que la technologie de l’Hyperloop date de… 1870

La troisième journée du festival a été marquée par la présence du fondateur de l’Hyperloop Dirk Ahlborn (mais qui n’a rien dit d’exceptionnel que vous n’ayez pas déjà lu ici). On retiendra cependant la force de son projet basé sur le crowdsourcing et sur un storytelling impressionnant – la technologie utilisée par l’Hyperloop existe depuis 1870, il n’y a donc rien de disruptif là-dedans. Par contre, l’ampleur qu’a pris le projet ces derniers mois en fait l’un des plus excitants du moment, surtout que l’ami Dirk le vend plutôt bien : « We are not a company, we are a movement ».

Deux des thématiques les plus en vogue du festival sont sans aucun doute la robotique et l’Intelligence Artificielle, avec tous types de projets – certains fascinants, d’autres surprenants, voire plutôt étranges comme la présentation totalement surréaliste de Hiroshi Ishiguro, sorte de savant fou qui a créé un androïde à son image. Outre le physique très dérangeant du robot (la « uncanny valley », pour ceux qui ne connaissent pas), le projet d’Ishiguro intitulé Robot Society nous promet un monde de demain dans lequel les androïdes remplaceront les hommes à la télévision et dans les magasins. Sérieusement ? Quelqu’un peut offrir à cet homme un DVD de Real Humans, et un ouvrage de Bruno Bonnell ?

Real-Humans

Niveau I.A. on retiendra l’excellente table-ronde Get the Message! The Rise of Conversational UI (user interface), qui dévoile certains travaux sur les interfaces utilisateurs fonctionnant sur la voix et la conversation (comme dans Her). Jusqu’où cette interaction homme/machine peut-elle aller ? Selon Julia Hu de Lark Technologies, « Talking to a bot, can be better than talking to a human for service ». En effet, il parait évident au fil des conférences que l’I.A. va de plus en plus s’intégrer dans nos services quotidiens. Inquiets ? Découvrez – si ce n’est pas déjà fait – notre décryptage !

 

Part 4 : 500 milliards de GIFs, vraiment ?

Si la soirée de la veille s’est bien terminée, avec une grosse fête à la German House (on embrasse d’ailleurs nos copains de la tech allemande !) éclairée par plusieurs concerts, des bières et des saucisses gracieusement offertes (l’Allemagne quoi), le réveil du lundi a été difficile, mais heureusement opéré en douceur par la keynote d’Alex Chung, le fondateur de Giphy.

Ce dernier nous explique que si les GIF’s (pour l’anecdote, on peut prononcer guifs ou jifs, au choix) cartonnent autant, c’est parce que la scène moyenne d’un film est de 5 secondes, et que c’est aussi la durée d’attention moyenne d’un adulte (ça fait un peu peur d’entendre ça quand même). Il y a 500 milliards de GIF’s actuellement en circulation, et selon Chung, vu les possibilités inouïes de ce format, et vu que la vidéo va s’imposer de plus en plus dans les années à venir, les futurs Rimbaud et Ronsard s’exprimeront non pas en quatrains et tercets mais en GIF’s. Bah ouais !

Toujours dans l’esprit fun et ludique, nous avons fait l’interview de la famille Bushnell (qui a donné une excellente conférence la veille intitulée Smartertainment, que Matt s’était donné la peine d’aller voir). Nolan Bushnell, le père, est une véritable légende du monde du gaming (il est le concepteur de Pong et fondateur d’Atari).

Plus de 40 ans plus tard, il est toujours à la pointe de ce qu’il se fait, et s’intéresse particulièrement aux jeux éducationnels (pour ceux que ça intéresse, allez télécharger gratuitement notre Newspaper Serious Game), à la réalité augmentée et à l’Internet des Objets, qui, selon lui, vont changer le monde, car cela va permettre le développement de jeux bien plus complexes basés sur le contrôle des objets, leur géolocalisation, ainsi qu’un contrôle par reconnaissance vocale. Tout un programme (l’interview long-form arrive bientôt !)

À noter pour finir une table-ronde intitulée The Singularity and the question of God, qui pose quelques questions existentielles essentielles, notamment sur l’invention très prochaine d’une Intelligence Artificielle forte qui remettra en question toutes nos vies, et aussi notre rapport à la religion (l’homme va-t-il devenir son propre Dieu ? Aura-t-il le pouvoir de changer complètement le monde ? Vivra-t-il éternellement ?).

Comme l’un des intervenants finira par le dire, « Perhaps Singularity is your best hope for eternal life ». Quand on voit que l’I.A. AlphaGo de DeepMind a récemment terrassé le champion du monde (humain) du jeu de go, on se dit que la puissance d’une telle intelligence peut changer le monde, et qu’il va falloir très rapidement réfléchir à comment réguler et contrôler ces « cerveaux en silicium ». Pour ceux que ça intéresse, vous pouvez lire notre interview de Laurent Alexandre (parue dans le Silex ID #03), toujours très actuelle.

Part 5 : la French Tech à l’honneur, de l’autre côté de l’Atlantique

La cinquième journée du festival a été consacrée à nos amis de la French Tech, avec plusieurs start-ups présentes pour défendre les couleurs de la France dans ce grand méli-mélo de projets et d’entrepreneurs venus des quatre coins du monde !

Après un petit-déjeuner « à la française » (avec croissants et pains au chocolat !), nous sommes allés voir le « French Tech Demo Day » sur le stand French Tech du fameux Trade Show (un immense salon dans le salon rempli de stands de start-ups du monde entier), où nous avons découvert une jolie sélection de projets de chez nous (dont certains déjà traités dans nos pages) avec notamment Prynt (une imprimante pour smartphone qui vous permet d’imprimer immédiatement vos clichés), Wynd (une solution SaaS qui permet aux retailers de digitaliser leurs points de vente), Lucie Labs (le premier bracelet connecté et créatif qui vous permet de vivre les concerts et évènements musicaux de façon plus immersive) ou encore Klaxoon, un boîtier connecté qui facilite l’interactivité au sein d’un groupe (avec tout un tas de jeux : quiz, sondages, challenges…). Pas mal, non ?

Dans la sélection des start-ups françaises présentes à SxSW, nous retiendrons aussi Wize & Ope, qui vous propose des baskets lumineuses avec des LED intégrées dans la semelle (c’est assez joli à voir, vous pouvez regarder la démo juste après), Fretbay, qui vous met en relation avec plus de 8 000 transporteurs professionnels et vous permet d’obtenir des tarifs clairement compétitifs, Holi (une start-up que nous avions déjà vue au CES et qui se concentre sur l’univers du sommeil, avec le réveil connecté Bonjour, la SmartLamp, le SleepCompanion…), Reminiz (une application de reconnaissance faciale) ou encore Smart & Blue, la douche connectée qui vous permet d’éviter de trop gaspiller !

Alors certes, ces start-ups ne sont pas toutes des découvertes, certaines ont déjà été vues au CES 2016 ou à d’autres événements de l’innovation française, mais ça fait toujours plaisir de voir qu’une grande partie d’entre elles arrivent à faire parler d’elles sur la scène mondiale !

Après la French Tech Night, nous arrivons au terme des 5 jours du « SxSW Interactive » ! Dans les rues d’Austin, les bars se calent aux sons des groupes qui viennent d’arriver in townpour le « SxSW Music Festival » qui reprend le flambeau, et l’ambiance change doucement mais sûrement : les geeks et businessmen laissent la place dans les bars et cafés à un public plus jeune et encore plus fêtard, porté sur le rock’n’roll et les concerts dans la boue (snif, c’est triste de partir…).

See you next year, Austin !

Daniel Geiselhart

 

PS : et si vous alliez voir notre reportage photo ?

 

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