Newsletter Silex ID – TechCrunch Berlin 2017
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Salut les cro-magnons !

Fermez les yeux et pensez à TechCrunch : avouez, on s’imagine un peu dans la gueule d’un immense hangar, au coude-à-coude avec des centaines de start-up, à croiser des CEO qui tentent d’avoir le bras assez long pour chatouiller l’intérêt de dizaines d’investisseurs. Ceux qui ont vu la série Silicon Valley, eux, se représentent des hordes de businessmen en hoodie salivant à l’idée d’être le prochain Pied Piper qui va « disrupter » le secteur sur le Start-up Battlefield.
Réaliste ? Pour le savoir Millie a passé 2 jours à Berlin pour soumettre TechCrunch Disrupt à l’épreuve du crash test de Silex ID.

Né en 2011 sous le soleil de San Francisco, Disrupt, est le petit frère du géant TechCrunch.com, média référent mondial du business de l’innovation.
Superlatifs à gogo façon “the best start-up”, métaphores épiques telles que “the Battlefield” et même un penchant vers le méta avec “Disrupt the disruption” : l’événement est diagnostiqué mégalo d’office.
Celui qui s’autoproclame la “world’s leading authority” de son secteur a clairement eu les yeux plus gros que le ventre : bien que spacieuse, la Berlin Arena semble n’accueillir que quelques poignées de start-up, une salle de conférence (super-size, certes) et un espace de workshops. Perchées sur des tables-hautes en plastique, les exposants sont disposés sans grille de lecture claire : passer d’un stand à l’autre oblige parfois à un jump entre cryptomonnaies et emojis ou encore entre IA et app gadget pour transformer son smartphone en Kodak (la bien-nommée Gudak, true story).

Who run the world? Puisque TechCrunch Disrupt a le goût des Battles de Start-up, attaquons par un combat en trois rounds : pays vs pays, pros de la blockchains vs novices, machines vs humains. 3, 2, 1… Fight!

[Attractiveness] What the fight?! 

« Investment crossover from Europe to Silicon Valey », « Securing funding in today’s climate », « When Paris overcome London », « Berlin as a start-up capital« … La quasi totalité des débats abordait la même question cruciale : quel est le pays qui a la plus grosse (faculté) pour attirer l’innovation sur son territoire ? Si tous admettent la force d’un passage par la SV, chacun cherche à démontrer l’intérêt d’un positionnement national et à défendre son sol.
Un peu lassant, ce concours de hit ? Pas tant que ça grâce à Martin Mignot et Jan Hammer d’Index Ventures qui donnent quelques clefs pour comprendre. D’après eux, le modèle US marche mieux car les dirigeants ne gardent pas leur equity pour eux, mais les partagent et les réinvestissent pour mieux grossir. Donner plus pour gagner plus ? Pas tout à fait mais l’idée est là.  

[Blockchain] Un contrôle majeur pour une minorité bruyante ?

Après l’IA en 2016, les speakers n’ont cette année que deux mots à la bouche : blockchain et cryptocurrencies.  Sur scène, une question est posée d’emblée à l’ex-tradeuse et génie du bitcoin Mona El Isa (Melonport) “La bulle bitcoin va-t-elle exploser ?”.  Sa réponse : “Et quand bien même ? La bulle du web a eu le mérite d’exister, car elle a donné naissance à quelques grands acteurs du web d’aujourd’hui”. L’ambiance est posée.
À part ça, désolée de vous décevoir mais les TechCrunchers n’ont pas de boule de cristal : alors que le cours du bitcoin affole les compteurs, nul ne sait s’il sera demain plus près de 0$ ou de 50 000$. Dommage !
Avec
Gavin Wood et Julia Steiner de Parity Technologies, le débat gagne en intérêt. « On présente la blockchain comme une décentralisation du pouvoir, mais étant donné la technicité de la chose, n’est-ce pas donner un pouvoir de contrôle majeur à une minorité bruyante ? ». Pour Gavin, nous sommes entrés dans un “post-truth world” marqué par la perte de confiance envers les banques, les politiques. Dans ce “Zeitgeist”, la blockchain permettrait enfin le retour aux fondamentaux d’Internet : transparence, ouverture et efficacité. 

[TechForGood] J’ai mal à mon futur ?

L’innovation va vite. Sur scène, on est parfois un peu pris de vertige, notamment après avoir entendu le fondateur de FiveAI parler de l’intelligence de ses voitures autonomes ou Yann de Vries de Atomico annoncer les premières voitures volantes (si, si). Heureusement, d’autres sont là pour promettre des changements en douceur : c’est le cas de ABB, qui promet d’accompagner la robotisation en offrant à ceux dont l’emploi va disparaître un samedi + un soir par semaine de formation-reconversion. Honnête ?
Mais ce sont surtout les start-up et speakers du domaine de la santé qui ont mis un pansement sur nos futurs :
Ada Health met l’IA au service de la santé, Eligo Bioscience lance des nanorobots à la poursuite de nos bactéries et Notch invente un dispositif qui permet de capturer le tracé des mouvements de notre corps en trois dimensions. Enfin des technologies qui répondent au doigt et à l’œil. Alors, TechCrunch mettrait-il les Tech for Good à l’honneur ? En tout cas la récompense donnée à la start-up Lia et son test de grossesse bio-dégradable tend à vouloir aller dans ce sens.

L’idée de se voir offrir petit-déjeuner et déjeuner pendant deux jours peut paraître séduisante. Quand c’est gratuit, c’est meilleur, right ?…
Eh bien, pas forcément. La faute aux organisateurs ? À la complexité de sustenter tant de CEO affamés ? Ou alors simplement à notre exigence gastronomique à la française ? Quoiqu’il en soit, on sait désormais qu’un TechCruncher berlinois se nourrit quotidiennement de pâtes-patates-pain-lasagnes et qu’il comble ses petits creux par des bretzels. Le tout accoudé sur des bien-nommés mange-debout. Guter Appetit !

5%

C’est le (faible !) pourcentage de start-up créées par des femmes. « C’est dommage quand on sait toutes les opportunités que l’on peut tirer d’une féminisation de l’innovation.” explique la co-fondatrice de Elvie, Tania Boler. “Souvent quand on veut s’adresser aux femmes, on change un produit de couleur, ou on en fait un bracelet. »
À TechCrunch Disrupt, les efforts sont partout au rendez-vous…  sauf du côté de la “Mother’s Room” qui sert à changer les enfants (et pourquoi pas plutôt une « Parent’s Room », hein ?).


Ultrahaptics

Le gros crush de TechCrunch Disrupt, c’est Ultrahaptics. La promesse de ses créateurs : reproduire la sensation du toucher… sans toucher quoi que ce soit. Grâce à des ultrasons haute fréquence, la pression de l’air est modulée pour créer un ressenti sur la peau et permettre de toucher un objet virtuellement.

Combinée avec la VR, cette technologie va-t-elle rendre le virtuel encore plus réel ? Dans un jeu vidéo de combat : va-t-on ressentir les détonations des coups de feu ?

Xavier Duportet

Le gendre idéal, c’est lui : ce chercheur et entrepreneur français fondateur de Eligo Bioscience (déjà rencontré à Silex ID) produit les premiers nanobots biothérapeutiques. Ces mini-docteurs coupent le génome des mauvaises pour créer des bugs et les obliger à s’auto-détruire. Malin, uh?

Nommé Innovateur Français de l’Année par la MIT Technology Review en 2015, il a aussi donné naissance au festival français Hello Tomorrow. Cerise sur le financier, Xavier sait défendre son pays : “La France est le meilleur pays pour lancer une start-up de deeptech car la R&D y est particulièrement valorisée. » De quoi faire cogiter l’audience alors que chaque conférence remettait sur la table l’éternel débat : faut-il absolument rejoindre la Silicon Valley pour réussir ?

Qu’en conclure ? Ce qu’on attend en allant à TechCrunch, ce sont des licornes, des speakers-stars et du business. Les trois étaient clairement au rendez-vous. Aurait-on voulu davantage de profondeur, de chaleur humaine et de créativité ? Forcément. Mais l’événement a le mérite de donner la parole à de véritables experts et de dévoiler les dessous des technologies qui vont bouleverser demain, et c’est là le plus important. Et puis une fois la nuit tombée (ou quelques heures plus tard étant donné que le soleil se couche à 15h30), la nuit berlinoise reprend ses droits : after-party, soirée FrenchTech… avec la piste de danse pour seul champ de battle

Coming next!

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Eline

All stories by: Eline