Newsletter Silex ID – SeedStars Summit 2018
Facebooktwittergoogle_plusredditpinterestlinkedinmail

 

 

Salut les cro-magnons !

Cette semaine Tristan a bravé les grèves pour vous emmener en Suisse au SeedStars Summit, basé à Lausanne. Dans cet événement, on parle de start-up et levées de fonds. Rien d’original. Sauf qu’ici, seuls les pays émergents sont représentés ! Aussi excitant qu’intriguant, ma conclusion est sans appel : « One of The Best European Events For Start-up. » (en fait, j’ai volé la citation de TechCrunch).

Pour sa cinquième édition, les organisateurs de SeedStars étaient fiers d’annoncer que cette année, les 5 continents étaient représentés.
Attendez. Cinq Continents ? Marchés émergents ? Oui, il y avait une start-up ukrainienne. Sympa pour eux.

Notre voisine Urkrainienne

Faisons le point sur les start-ups des pays émergents !

[Projects] Une omniprésence des SDG de l’ONU

Beaucoup de start-up présentes cherchaient à répondre aux SDG : « Sustainable Development Goals » définis par l’ONU (pas de pauvreté, pas de famine, bonne santé et bien-être…). 17 objectifs que vous pouvez retrouver en détail ici. Bien que SeedStars ne communique pas dessus, le choix des entrepreneurs et la sélection des finalistes ont très clairement été orientés vers ces objectifs. Certains l’ont bien compris et n’hésitaient pas à citer directement les objectifs de l’ONU dans leurs présentations sur scène. Lorsque j’ai découvert tous ces projets, ma première réaction a été de penser que j’avais affaire à des associations caritatives plus qu’à des futures entreprises profitables et autonomes. Je n’ai aucun problème avec les associations, mais dans ce cas doit-on parler de start-up ?

[Business Model] Des start-up avec une vraie traction !

C’est à ce moment-là que j’ai été complètement bluffé. Non seulement ces start-up ont des missions absolument géniales (aider les femmes enceintes en Afrique, simplifier le travail des pêcheurs en Amériques latine, résoudre le problème des faux médicaments…) mais en plus toutes ont trouvé un Business Model rentable. Ne nous méprenons pas, une ONG n’est pas « rentable » puisque ce n’est pas son objectif et son financement dépend en partie des subventions et des dons. Dans le cas d’une start-up par contre, il est essentiel de trouver un business model qui fonctionne, au risque de la voir disparaître aussi vite qu’elle est apparue. Ainsi, on donnait sur scène des explications sur la livraison de cacao en circuit court, mais aussi des acronymes tels que CAC (Coût d’Acquisition Client), CLTV (Customer LifeTime Value) et surtout des Revenue Run Rate en millions d’Euros. La magie du SeedStars ? Si vous ne connaissiez pas encore ces acronymes ou que vous vous demandez pourquoi on parle de cohortes dans un Pitch Deck, vous pouvez approfondir le sujet en lisant cet article détaillé accompagné d’un doliprane.

[Fundings] Quels challenges pour les start-up des pays émergents ?

L’investissement dans les pays émergents a représenté 44% du total des investissements dans le monde en 2017, dépassant les 40% de l’Amérique du Nord. Un très beau chiffre, qui reste néanmoins bien en dessous de son potentiel (les pays émergents représentent 85% de la population mondiale !). Le principal frein que ces pays rencontrent est justement l’accès au financement (pour 37% d’entre eux) suivi d’un accès difficile aux talents (24%, cf l’interview de Javkhlan ci-dessous, entrepreneur mongol) puis la connaissance de leur marché (18%) et le soutien des gouvernements (17%). Ça tombe bien, le prix du jury SeedStars est un investissement de 500 000€ dans la start-up gagnante (voir « Start me Up » plus bas). Pour creuser le sujet de l’entrepreneuriat dans les pays émergents, je vous invite à lire cet article. Et pour aller encore plus loin, je vous ai déniché une étude passionnante sur 43 accélérateurs basés dans des pays émergents.



Pas de burger, la panique. Non pas que je sois particulièrement addict, mais une tradition est une tradition et j’ai eu beau chercher, il n’y en avait pas. Prenant ma mission à coeur, j’ai poursuivi les recherches aux alentours et c’est MIGROS qui m’a sauvé. Une sorte de carrefour Market qui proposait fièrement des Chicken burgers à faire pâlir un KFC. Mission partiellement accomplie néanmoins car je n’ai pas poussé le vice jusqu’à l’acheter, toutes mes excuses auprès de la direction de Silex ID.

28

C’est l’âge moyen des organisateurs du Seedstars Summit. J’ai bien dit « âge moyen ». Ils passent un an à scanner des start-up partout dans le monde, les valident et organisent un événement majeur, sans le moindre accroc (et sans burger, mais c’est un autre sujet). Découvrez l’équipe des fondateurs ici.
Ces fainéants de millenials vont-ils sauver le monde finalement ?
Javkhlan Bayarmagnai : l’entrepreneur Mongol

Javkhlan développe un chabotBot boosté par de l’IA. Jusque là rien d’incroyable, sauf que Javkhlan est en Mongolie et que toutes les solutions existantes sont soit en anglais, soit en Chinois.  Quand je lui demande si ce n’est pas trop difficile de trouver des talents à Oulan-Bator (la capitale, comme chacun sait) il me répond qu’en effet, les experts Deep Learning qui parlent mongol ne courent pas les rues. Aujourd’hui, Tata Tunga (le nom de son entreprise) a atteint l’équilibre financier, possède 12 clients en Mongolie et compte se développer en Asie du Sud-Est. Leur élément différenciateur ? « Après des mois de travail, nous sommes désormais capables de travailler facilement avec une langue locale et de répliquer ce modèle avec d’autres dialectes. Ça nous ouvre les portes de très nombreux marchés régionaux, sans être en concurrence frontale avec les géants américains ou chinois ». 

AgroCenta, le grand gagnant du Seedstars Summit

Le jury du SeedStars Summit a décidé de récompenser Francis Obirikorang, fondateur d’Agrocenta. Le concept ? Une plateforme de vente en ligne qui permet de connecter directement les petits agriculteurs à une market place pour vendre leurs produits. Ici, pas de blockhain, d’IA, de deep learning ou autre buzz word. Juste un marché compliqué à approcher (Sub-saharien) et un impact énorme sur les agriculteurs. Selon Pierre-Alain Masson, co-fondateur de Seedstars, « Agrocenta a remporté ce prix en raison de la disruption qu’ils créent dans l’industrie agricole. Il est très important que les investisseurs sachent que les talents sont partout ». Si vous souhaitez voir la liste de toutes les start-up qui avaient postulées, rendez-vous ici.

Je vous le disais en introduction, je partage l’avis de Techcrunch : Le SeedStars Summit est « One of the best european events for start-up ». Non seulement parce qu’ils savent identifier des structures avec de vrais business model robustes, mais aussi et surtout parce que ça fait du bien de rencontrer des entrepreneurs qui veulent vraiment changer le monde. On ne leur souhaite que ça. Donc l’an prochain, si vous avez besoin d’un bol d’air pur et de bonne humeur, vous savez où aller. Ah, et si vous cherchez à investir dans une start-up autre que « Le nouveau Facebook de … » c’est également là que ça se passe ! 


Coming next!

Copyright © Silex ID, All rights reserved.

Tu ne nous aimes plus ? :'(
Tu peux mettre à jour tes préférences ou te désinscrire de cette liste

Facebooktwittergoogle_plusredditpinterestlinkedinmail
AUTHOR

Cédric

All stories by: Cédric