Newsletter Silex ID – Virtuality 2018
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Salut les cro-magnons !

Quand on y pense, Virtuality, c’est un sacré pari. Celui d’un tête-à-tête géant entre tous les acteurs d’un écosystème, lors duquel … tout le monde a la tête dans un casque. Alors, succès réel ou virtuel ? La seconde édition du grand rendez-vous des technologies immersives se tenait au Centquatre à Paris, avec plus de 100 exposants et 40 talks. Millie y était, elle vous raconte !

Droit dans ses bottes, cramponné à une luge, en solo enfoncé confortablement dans un siège, accroupi en équipe, perché dans une montgolfière, suant sur un rameur, allongé sur le ventre, ou encore juché sur une plateforme à vérins, la réalité virtuelle s’expérimente dans toutes les postures.

En prenant du recul, la grande nef des anciens abattoirs du 104 avenue d’Aubervilliers s’apparentait à une immense salle d’arcade les 8, 9 et 10 février derniers. Mais une salle d’arcade où les joueurs assoiffés de divertissement auraient été remplacés par des producteurs de contenus, fournisseurs de matériel, et géants du secteurs du monde de l’AR et de la VR.

L’ambition de Virtuality ? Sortir les réalités virtuelles, augmentées ou holographiques du carcan du gadget pour les mettre dans la seule perspective qui vaille : celle d’un VRitable marché en train de se constituer avec une offre pour le grand public, mais aussi le business et les professionnels du secteur. 

[Mass market] VR is in the air 

Dès la conférence d’ouverture, le ton est donné avec un panorama des dernières initiatives qui prouvent que la VR et l’AR jouent désormais dans la cour des grands (et des grandes marques) : Ikea Places qui permet de disposer à sa guise des produits du magasin dans son propre environnement, Eurostar Odyssey qui transforme le voyage sous la Manche en excursion sous-marine à 360°, RedBull Live VR qui offre des sensations fortes sans risque, la nouvelle compagnie Joon d’AirFrance qui appâte les jeunes avec son offre VR (histoire d’ajouter le motion sickness au mal de l’air ?) ou encore Pôle Emploi qui utilise la VR pour immerger les candidats dans leurs futurs métiers. Mais aussi SimForHealth d’Interaction Healthcare qui utilise la réalité virtuelle pour former les médecins de demain, AirLiquide qui forme ses employés en VR, ou encore BNP Paribas qui adopte les solutions holo-connectées de VR Things pour recréer des visites immobilières via un dispositif phygital.

[Business] État de l’ARt 

Et la big picture alors ? Pour connaître l’état du marché mondial, il fallait aller écouter Barbara Pia Orbec (Ecorys) et Edita Bezegova (Nam.R) raconter leur étude menée pour les membres de la Global Virtual Reality AssociationEn résumé, les EU sont le cœur de développement du software, l’Asie est le centre de la production du hardware et l’Europe trouve sa force dans la création de contenus. Simple, basique. Mais face au marché asiatique qui bénéficie d’un très fort soutien du gouvernement, et à un marché américain écrasant en termes de taille et de capacité de développement, l’Europe doit toujours mieux faire. Son plus grand potentiel ? Une bonne offre de formations techniques et des employés qui apportent une véritable plus-value à leurs projets. Mais aussi une diversité culturelle qui rapproche artistes et producteurs de contenus, et un accès aux financements de recherche relativement aisé. Et la France ? Rassurons-nous, nous avons aussi des billes  à jouer : des key hubs comme Paris, Bordeaux, Lille et Laval (Laval Virtual !), des experts précurseurs, des industries fashion et auto très en demande et une atmosphère start-up en forte croissance.

[Professionals] Prototyper en VR, de l’écran au papier 

À la question « Comment prototyper et tester des solutions VR ? », nombreux sont ceux qui répondent par des noms de logiciels et d’outils sophistiqués type Gravity Sketch ou Tilt Brush. Mais il est toujours possible (et souhaitable !) de prototyper la réalité virtuelle … sur papier. C’est ce qu’on appelle « Acting out » : mimer l’interface virtuelle dans le monde physique. Alors certes c’est moins précis, moins propre, mais c’est un bon compromis pour se positionner simplement dans une perspective plus spatiale. Et c’est toujours mieux qu’une simple feuille de papier avec laquelle il faudrait se limiter à deux dimensions. Nous sommes sur de nouveaux terrains, autant adopter de nouveaux moyens de s’y repérer.

Virtuality au Centquatre, c’est un peu The Upside Down : les expériences casquées habituellement réservées aux salles sombres ont été mises sous la lumineuse Nef, alors que la pause déjeuner a été recalée au sous-sol. Why not après tout, mais vu les sandwichs à 5€, on a préféré se sustenter dans le quartier. 

« Les boutons vont disparaître »

L’idée est terrifiante : se priver de nos interrupteurs de contrôle favoris, c’est un peu comme se priver de lumière, d’électroménager, d’accès à des dizaines de lieux et de services …  Et pourtant, nos arrières grands-parents eux n’ont peut-être jamais connu l’existence de nos chers boutons.  Cette idée est celle de Philippe Lewicki, captain de la californienne Afternow. Dans la réalité mixte, proposer des boutons en 2D n’a aucun sens. Il faut apprendre à (ré)utiliser nos gestes quotidiens : balayer du revers de la main pour écarter un objet, par exemple, plutôt que de cliquer sur une croix pour le “fermer”.

Psychanalyse de l’image, 1995
de l’imago aux images virtuelles

Un livre écrit en 1995 pour réfléchir sur la VR ? À l’époque les français découvraient tout juste Internet. Et pourtant Serge Tisseron y signe déjà un livre qui soulève toutes les interrogations actuelles qui gravitent autour de la VR. Selon lui, l’Homme a toujours craint d’être trompé par les images. Panoramas du XIXe, perspectives, trompes-l’oeil, kinétoscope, cinéma, jeux vidéos … L’arrivée de la VR et de l’AR amplifie le pouvoir de captation de l’attention, voire d’addiction, mais marque aussi une rupture : l’être humain manipule des objets comme s’ils étaient réels. Au risque d’inciter à une fuite du monde ? 

Blockchain + VR

Comme ne l’indique pas forcément son nom, Escape Token est un mariage entre réalité virtuelle et blockchain. Sauf qu’à part leur récent succès, ces deux technologies n’ont pas grand chose en commun. Ici, la blockchain sert à la réservation d’escape games VR et à la mise en place de smart contracts entre joueurs. Le couple VR-blockchain connaît de plus en plus d’usages, notamment Blockchain 3D Explorer qui permet de visualiser le réseau blockchain en VR ou Decentraland, un monde dans lequel on peut acheter des terrains en bictoin. Sans mentionner les pistes qui s’ouvrent dans l’immobilier !

Quand on fait tomber le masque à la fin du salon, qu’en retient-on ? De Virtuality on repart des images plein les mirettes, mais aussi des idées plein la tête pour mieux innover et collaborer dans ce secteur. Mais aussi, pour mettre la VR au service d’une nouvelle forme d’empathie entre les humains. Les réalités alternées peuvent et doivent être l’occasion de voir le monde d’un nouvel oeil, au travers d’un nouveau prisme.

Quitte à mettre la tête dans un casque, autant en profiter pour faire tomber ses oeillères sur le monde. 

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