Les Sports Mécaniques : Fast & Furious
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Les sports mécaniques vont connaître ces prochaines années de nombreuses révolutions. Avec l’évolution technologique et le recours à de nombreuses nouvelles techniques, les fédérations sportives investiront aussi de nouveaux territoires. Toujours plus vite, toujours plus haut…

Depuis quelques années déjà, les course automobiles connaissent des audiences en berne sur les chaînes de télé européennes. Pourquoi ? Est-ce parce qu’elles sont porteuses des valeurs les plus négatives de notre époque ? Associées à un risque démesuré, à l’argent et à la pollution, certains grands prix n’ont même plus les honneurs d’un diffusion hertzienne. Pour redorer leur blason, et surtout reconquérir leur public, la Formule 1 tente le  pari « écolo et risque zéro ». Cela suffira-t-il ? C’est en tout cas le mot d’ordre du premier championnat de formule E (pour Electrique) qui aura lieu à Pékin le 14 septembre 2014. Une dizaine de bolides aux performances quasi identiques à leurs ancêtres investiront les rues de la capitale chinoise. Différence de taille : ces véhicules propres, offrant un niveau zéro de pollution, permettent d’envisager des course dans les centres-villes des grandes capitales sans noircir les bronches des citadins. Miami, Londres et Berlin ont d’ailleurs déjà prévu d’accueillir des championnats similaires dans mois à venir. Paris fait encore la fine bouche mais pourrait se laisser convaincre. Pour cette compétition, la FIA (Fédération Internationale Automobile) a imposé de brider la vitesse des véhicules, afin d’assurer aux pilotes un niveau optimal de sécurité. Ces derniers n’auront le droit de pointer qu’à 225 km/h. Alors, le public suivra-t-il ? Pas sûr, selon certains observateurs, qui estiment que les courses de voiture et de moto ont fait leur temps. Les sports mécaniques doivent se réinventer, et il est grand temps d’offrir au public des compétitions plus spectaculaires.

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Direction le ciel

Spectaculaire, c’est le mot d’ordre des organisateurs des X-Games, une compétition qui depuis 1994 semble avoir du mal à garder les véhicules au sol. Réputée pour ses concours de saut en hauteur ou pour les loopings géants dans lesquels s’embarquent des engins à pleins vitesse, la compétition ravit les spectateurs américains, même si elle peine encore à être véritablement rentable en dehors des Etats-Unis (en effet, le géant américain ESPN, soit le plus grand réseau de chaînes de télévision sportives du monde, a récemment annoncé l’arrêt du financement des X-Games internationaux, provoquant le tollé de nombreux fans de part le monde). Alex, un jeune californien qui assistait pour la première fois aux X-Games cette année, racontait aux caméras de CNN : « j’ai toujours aimé les sports automobiles, mais ce à quoi j’ai assisté aujourd’hui dépasse tout. Et je crois que grâce aux avancées techniques, les pilotes vont continuer à aller encore plus haut et à battre des nouveaux records. Dans les prochaines années ça va devenir fou ! ».

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Spectaculaire, c’est aussi le mot qui était dans toutes les bouches à Abu Dhabi en février dernier, à l’issue d’un championnat d’un nouveau genre. Après plusieurs tentatives avortées pour des raisons de sécurité, les habitants de la capitale des Émirats Arabes Unis ont enfin pu assister à la première édition d’une compétition aérienne inédite : le Red Bull Air Race. À quelques dizaines de mètres des gratte-ciel du centre ville, et légèrement au-dessus du niveau de la mer, un parcours géant avait été installé à travers lequel s’engouffraient des petits avions de voltige d’à peine 600 kilos. Combinant la vitesse extrême de la Formule 1 et les obstacles d’un slalom de ski, la compétition offrait aux douze pilotes chevronnés un niveau d’adrénaline extrême, et aux spectateurs un spectacle tourbillonnant… Pour les prochaines éditions, Red Bull prévoit notamment d’investir les rues de Las Vegas et les canaux de Putrajaya, la capitale administrative malaisienne. Une course d’avion en plein centre ville, voilà qui rend les 24 heures du Mans bien obsolètes.

Robot Racing

Certains considèrent qu’il faut aller encore plus loin, et que c’est vers les robots qu’il faut se tourner. Des courses de robot, vous en avez déjà vu ici et là, notamment dans la série The Big Bang Theory. Mais leur succès est encore limité à un public de passionnés d’informatique, à l’image de Sheldon Cooper et de ses amis geeks. La raison ? Difficile de s’identifier à un coureur en acier. Ces compétitions manquent cruellement de l’élément humain qui fait qu’on s’identifie à un sportif et pour toucher le grand public, les courses de robot devront s’humaniser, mettre en scène un pilote que l’on pourra suivre comme un héros. D’où l’idée de recourir à des exosquelettes.

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C’est la direction qu’a prise Jonathan Tippet. Ce jeune ingénieur en biomédecine basé à Vancouver, est persuadé que les courses de robots pilotées par des humains feront dans quelques années la joie des boomakers. Il veut donc être l’un des premiers à proposer la technologie adéquate et développe depuis trois ans le concept de Prosthesis. Probablement inspiré par le film Avatar, il s’agit d’un imposant exosquelette de 3500 kilos que le pilote enfourche comme on monte à cheval. Perché à cinq mètres de hauteur dans une cabine, il ne lui suffit pas d’appuyer sur un bouton : il doit contrôler son robot en recherchant à la fois vitesse et équilibre afin d’apprendre à le maîtriser et améliorer ses performances. Pour au final ne faire qu’un avec son robot. Prosthesis est prévu pour atteindre une vitesse de pointe de 30 km/h, soit la vitesse d’un sprinter. Le concept ne sera probablement pas prêt pour les J.O de Rio en 2016, mais Tippet est persuadé que le public se passionnera bientôt pour ces courses qui promettent grand spectacle et challenge sportif.

Un autre designer voit encore plus loin. Yannick Lelogeais est étudiant en 2010 lorsqu’on lui pose la question : « quel pourrait être l’avenir des sports mécaniques ? ». Convaincu qu’il faut envisager de nouvelles technologies et de nouveaux territoires, il développe le projet de Course Exo-Racers, un véritable parcours du combattant fait de sauts et d’obstacles qui évoque la course de la Boonta à laquelle participe le jeune Anakin Skywalker dans Star Wars, épisode 1 : la Menace fantôme.

Les pilotes, eux, doivent maîtriser leur vitesse mais surtout faire preuve d’une agilité et d’une précision absolues. Plutôt que d’imaginer de nouveaux circuits, Yannick Lelogeais prévoit de mener ces courses en pleine ville, à l’image de ce qui se faisait avec les jeux du cirque et les tournois de combattants dans l’Antiquité. N’essayez pas de réserver vos billets en ligne, il faudra encore quelques années de patience pour voir ces courses de robots débarquer près de chez vous…

Olivier Van Bockstael – Soon Soon Soon

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